Débat du 20 avril sur France 2 : le CSA fait part de ses "préoccupations"

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Le fait médias du jour est une chronique de l'émission Le grand direct des médias
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Après Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron, c'est au tour de François Fillon et Marine Le Pen d'émettre des réserves sur la légitimité du débat à onze candidats prévu le 20 avril sur France 2.

Le débat que France 2 veut organiser le 20 avril avec les 11 candidats à la présidentielle est plus que jamais menacé après la défection de Jean-Luc Mélenchon et les hésitations d’autres candidats. Une situation qui inquiète le CSA qui a réagi hier.

Et il est "préoccupé". Dans le jargon du CSA, "préoccupé", ça veut dire qu’il y a quelque chose qui cloche et que France 2 serait bien inspirée de revoir sa copie.

Dans une "mise au point", adressée à la patronne de France Télévisions en fin de semaine dernière, mais rendue publique hier, le CSA s’inquiète de la date de ce débat. Le CSA s’appuie sur un article du code électoral, qui "interdit à un candidat de faire éclater une polémique à un moment où ses adversaires n’auraient plus la possibilité d’y répondre".

Le 20 avril, c’est deux jours avant le scrutin du premier tour, c’est un jour avant la période de réserve qui impose le silence aux candidats. On comprend bien que le délai est trop court pour répliquer après une éventuelle mise en cause.

Cette prise de position du CSA, elle va dans le sens de ce qu’ont exprimé deux candidats ces derniers jours : Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron. Pour le leader du mouvement En marche !, deux débats à 11 candidats, c’est un de trop. Vous le savez, BFM TV et CNews auront le leur. Ce sera mardi prochain et là, les 11 candidats seront présents.

Du coup, d’autres candidats pourraient à leur tour décliner l’invitation du service public.

En refusant de se rendre sur le plateau de France 2, Jean-Luc Mélenchon a ouvert la boîte de Pandore. Après Emmanuel Macron, d’autres pourrait s’engouffrer. C’est le cas de Marine Le Pen. David Rachline, son directeur de campagne, dénonçait hier "la dérive de France Télévisions". Pour lui, il y a "un vrai point d’interrogation" autour de la participation de la candidate du Front National à ce débat. Il faut sans doute y voir une conséquence de l’échange très musclé entre Marine Le Pen et David Pujadas au 20 heures de mardi soir.

Dans l’entourage de François Fillon, la question divise aussi. Certains voient dans ce débat une occasion de parler du fond du programme, mais d’autres sont plus sceptiques. François Fillon lui-même assurait ce matin que si tous les candidats ne sont pas présents, le débat de France 2 n’aurait aucun intérêt.

Un débat qui ressemble de plus en plus à un casse-tête pour le service public. Il n’a pas perdu espoir de le résoudre aujourd’hui. À 18 heures, une rencontre doit avoir lieu avec les représentants des 11 candidats. France 2 veut sauver les meubles et il y a urgence : demain matin, une conférence de presse prévue de longue date est organisée au siège de France Télévisions. Delphine Ernotte et Michel Field doivent détailler le dispositif de la chaîne pour la présidentielle. Ce fameux débat, organisé avant le premier tour, devait en être la pierre angulaire.

S’il devait être annulé France 2 serait exclue du jeu médiatico-politique. Un échec retentissant pour le service public et un désaveu, un de plus diront certains, pour Michel Field, le patron de l’info de France Télé.