Canal+ : l'équipe du Zapping se protège contre un éventuel licenciement

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Le fait médias du jour est une chronique de l'émission Le grand direct des médias
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L'équipe du Zapping de Canal+ a rejoint la CGT pour se protéger d'un éventuel licenciement.

Le fait média du jour, c’est l’équipe du Zapping de Canal+ qui rejoint la CGT. Une manière pour elle de se protéger d’un éventuel licenciement.

Depuis plusieurs mois, le Zapping est dans le viseur de Vincent Bolloré à force de multiplier les provocations contre le patron de Canal+.

C’est le moins que l’on puisse dire, les équipes du Zapping n’y vont pas de main morte avec leur nouveau patron. Elles donnent même le sentiment d’être entrées en résistance contre lui.
En compilant les séquences les plus marquantes des émissions de télé, le Zapping fait bien souvent passer des messages et depuis plusieurs mois, les messages, il les adresse à sa direction.
Quelques exemples :
- En octobre dernier, le magazine d’information de France 3 Pièces à conviction diffusait un reportage sur le Crédit Mutuel. Un reportage programmé initialement sur Canal+, mais censuré par Vincent Bolloré. Résultat, ni une ni deux, le lendemain, le Zapping reprenait de larges extraits de cette enquête.
- Plus récemment, au début du mois d’avril, France 3 programmait un numéro de Complément d’enquête, consacré exclusivement à Vincent Bolloré. Un reportage très critique à l’égard de l’homme d’affaires qui s’intéressait notamment à ses activités en Afrique. Là encore, le lendemain, le Zapping reprenait de nombreux passages de l’émission et les extraits les moins complaisants bien évidemment.

Régulièrement, il s’attaque aussi à Cyril Hanouna ou au Grand Journal.

Une liberté de ton et une forme d’insubordination qui représentent pour beaucoup un contre-pouvoir et qui fait du Zapping le dernier dépositaire du fameux esprit Canal.
Un esprit corrosif auquel Vincent Bolloré n’adhère pas du tout.

L’avenir du Zapping est-il menacé ?

Ça n’a jamais été exprimé aussi clairement, mais tout porte à croire que c’est le cas. Ces bravades ont le don d’agacer au plus haut point le patron du groupe Canal.
Si Vincent Bolloré semble imperméable aux critiques qui fleurissent contre ses méthodes de management musclées, il n’apprécie pas qu’elles viennent de l’intérieur.
Le Canard Enchaîné nous apprenait au mois de mars que Vincent Bolloré avait dressé une "liste noire" de salariés à mettre sur la touche, sur laquelle figuraient plusieurs noms : celui de Jean-Baptiste Rivoire, rédacteur en chef adjoint du magazine Spécial Investigation.
Un autre nom : celui de Patrick Menais, créateur du Zapping et figure historique de ce programme.
De là à penser que c’est le Zapping dans son ensemble qui est ciblé, il n’y a qu’un pas.

Patrick Menais aurait trouvé une parade pour rester en place.

Selon une information du site internet LesJours, le créateur du Zapping et quatre membres de sa rédaction ont décidé de se syndiquer. Ils ont adhéré à la CGT. Ils se sont inscrits sur les listes que le syndicat présentera aux prochaines élections professionnelles.
Une parade temporaire contre un éventuel licenciement : en effet, des salariés inscrits sur une liste syndicale sont automatiquement protégés par leur statut. Impossible pour leur patron de les licencier pendant six mois.
Une immunité qui peut être beaucoup plus longue si les salariés en question sont élus lors des élections professionnelles. Des élections qui se dérouleront à Canal+ le 3 juin prochain et qui permettront peut-être à l’équipe du Zapping de décrocher un sursis.

Une équipe bien décidée à vendre chèrement sa peau.