Canal+ dévoile sa stratégie pour la rentrée

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Le fait médias du jour est une chronique de l'émission Le grand direct des médias
Partagez sur :

La chaîne cryptée se lance dans une grande opération de reconquête de ses téléspectateurs pour stopper l'hémorragie d'abonnés.

Place au décryptage média de notre expert, Jérôme Ivanichtchenko. On se penche sur la rentrée du groupe Canal, qui se lance dans une grande opération de reconquête.

Oui, Maxime Saada directeur général du groupe Canal+ prenait la parole dans le Journal du dimanche ce week-end. Il détaille sa stratégie pour sortir la tête de l’eau. Il s’agit avant tout de stopper l’hémorragie d’abonnés. Canal+ en compte environ cinq millions aujourd’hui, mais la courbe chute dangereusement depuis plusieurs années. Pour inverser la tendance et doubler ce chiffre, Canal veut s’appuyer sur trois fondamentaux : le sport, le cinéma et la fiction. Pour le premier, il entend d’abord consolider les acquis. Face à beIN Sports et SFR, il veut peser dans la lutte pour l’acquisition des droits de diffusion de la Ligue 1, qui reste un enjeu majeur et un bon moyen d’attirer des abonnés. Il faudra être prêt : les négociations de ses droits pourraient s’ouvrir dès le début de l’année prochaine.

Sur le cinéma, Canal+ entend bien rester un acteur majeur de la création française, mais il a besoin d’aide. Il réclame deux mesures fortes en termes de réglementation. D’abord une accélération de ce qu’on appelle la chronologie des médias ce délai entre la sortie d’un film en salles et sa diffusion à la télévision. Il est aujourd’hui de 10 mois. Canal veut raccourcir cette période à 6 mois, pour tenter de reprendre l’avantage sur des concurrents comme Netflix ou Amazon. Deuxième axe : la lutte contre le piratage. Maxime Saada estime qu’il a fait perdre à lui seul 500.000 abonnés et il demande des sanctions plus fortes pour dissuader les fraudeurs.

Sur les programmes, ça passe aussi par une relance de l’access prime-time

Oui, cette case stratégique doit redevenir la vitrine du groupe Canal+, dès la rentrée prochaine. Après la suppression du Grand Journal en milieu de saison, la chaîne va tenter un nouveau pari. Elle a débauché Yves Calvi, qui occupait ce créneau sur LCI cette saison après avoir porté C dans l’air au plus haut sur France 5. Sa mission ? Proposer une tranche d’information de deux heures entre 18h30 et 20h30. Une émission qui soit à la fois "pédagogique, intelligente, chaleureuse et authentique" rien que ça. On retrouvera des reportages, des invités, des chroniqueurs. Des ingrédients classiques. C’étaient déjà ceux du Grand Journal. Charge à Yves Calvi aidé dans cette tâche par son producteur historique, Jérôme Bellay de trouver la bonne recette pour faire remonter des audiences au plus bas cette saison.

Enfin, le directeur général du groupe Canal s’exprime aussi sur les polémiques autour d’un de ses animateurs-phares : Cyril Hanouna.

Pour Maxime Saada, l’ampleur du procès qui est fait à C8 est injuste. Surtout, la sanction est extravagante. Il y a un mois, le CSA imposait une suspension de la publicité autour de Touche pas à mon poste pour une durée de trois semaines. Une suspension qui prend fin aujourd’hui et qui pourrait coûter environ 10 millions d’euros à la chaîne si on en croit les calculs du Parisien-Aujourd’hui en France. Le Parisien qui rappelle aussi ce matin que C8 n’en a toujours pas fini avec le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel. Selon le quotidien, le rapporteur indépendant aurait d’ores et déjà remis ses conclusions sur l’affaire du canular homophobe diffusé mi-mai. Et la sanction encourue pourrait être beaucoup plus grave : C8 risquerait une suspension temporaire de Touche pas à mon poste. La chaîne aurait trouvé la parade avec une nouvelle émission, qui serait toujours confiée à Cyril Hanouna. Que ce soit sur le payant ou sur le gratuit il semble que le groupe Canal+ soit arrivé à un virage de son histoire. Après l’engagement d’une politique de réduction des coûts, l’heure du renouveau a sonné.