BFM TV et RMC révoltés face aux accusations de Marine Le Pen

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Le fait médias du jour est une chronique de l'émission Le grand direct des médias
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Marine Le Pen a déclenché la colère de BFM TV et RMC en les accusant, en direct sur leur antenne, de soutenir ouvertement Emmanuel Macron.

Nouvelle charge de Marine Le Pen contre les médias. Hier, elle a attaqué frontalement les équipes de BFM TV.

La présidente du Front National ne décolère pas contre les journalistes. Elle en a fait une ligne directrice de sa campagne. Cette fois, c’est BFM TV qui en a fait les frais.

Ce qu'elle reproche à la chaîne info, c'est le traitement réservé à l'un de ses concurrents à la présidentielle, le leader du mouvement En Marche, Emmanuel Macron, qui bénéficierait d’un temps d’antenne et d’un temps de parole largement supérieure aux siens. Une situation qui l’inquiète, comme elle l'a fait savoir à Jean-Baptiste Boursier qui la recevait hier midi sur BFM TV, sur le plateau de BFM Politique.

Ces chiffres, la présidente du Front National les conteste. Surtout, elle leur trouve une explication évidente à ses yeux. Ce traitement de faveur "prétendu" à l’égard d’Emmanuel Macron ne viendrait pas de nulle part. Selon elle, il s’agirait simplement d’un "renvoi d’ascenseur" de la part du grand patron de BFM TV, propriétaire du groupe NextRadio TV : l’homme d’affaires Patrick Drahi. Pour racheter SFR, en 2014, Patrick Drahi aurait bénéficié des largesses d’Emmanuel Macron, qui était alors ministre de l’Économie. Pour elle, il ne serait donc pas illogique dans ce contexte que les antennes du groupe, BFM TV et RMC, aient tendance à faire plus de place au leader d’En Marche.

BFM TV n’a pas tardé à répliquer à cette attaque.

Pour les responsables du groupe, cette petite phrase ressemble à une affirmation calomnieuse. Ils ont publié un communiqué de presse hier après-midi pour dénoncer une "tentative grossière et inacceptable" de porter atteinte au travail des 300 journalistes de la rédaction. Une "insulte" proférée à l’encontre de leur travail et de leur indépendance. Le terme est fort.

Le groupe NextRadio TV y voit une "stratégie de manipulation des téléspectateurs et des électeurs", élaborée "en inventant de fausses informations". Là encore, les mots sont choisis. Ils font référence aux "fake news", utilisées à plusieurs reprises par Donald Trump pendant sa campagne, pour discréditer la parole des médias et pour diffuser une vérité, sa vérité.

On rappellera seulement que cette attaque contre les temps de parole accordés par BFM TV n’est pas légitime sur un point. Il tient sur le principe édicté par le CSA : en clair, c’est à la fin du bal qu’on paye les musiciens. C’est à la fin de la période de pré-campagne, qui a débuté le 1er février dernier et qui s’achèvera le 20 mars, que les chaînes devront rendre leurs comptes ou plutôt leurs décomptes.

Sur cette période, c’est le principe d’équité qui prévaut, un principe qui répartit la parole des différents candidats en fonction du poids estimé dans l’électorat, en fonction des sondages d’intention de vote.

C’est donc seulement le 20 mars que l’on sera en mesure de dire si telle ou telle antenne a respecté ce principe ou non, pas avant…