A la rentrée les femmes prennent le pouvoir sur France Télévisions

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Le groupe poursuit la féminisation de son antenne avec trois nouveaux programmes confiés à des femmes. Sans oublier le JT présenté par Anne-Sophie Lapix.

Place au décryptage média de notre expert, Jérôme Ivanichtchenko. On se penche ce matin sur la féminisation des antennes de France Télévisions. A la rentrée prochaine, les femmes prennent le pouvoir dans l’audiovisuel public

"Où sont les femmes ?", s’interrogeait un célèbre poète de la fin du XXe siècle. Eh bien Delphine Ernotte la patronne de France Télévisions a la réponse : "elles sont chez nous !" On en a eu la preuve hier, lors de la conférence de presse de rentrée des chaînes de l’audiovisuel public. Et c’est surtout valable pour France 2. D’abord sur ce carrefour très risqué des après-midi : à la rentrée prochaine, trois nouveaux programmes seront confiés à des femmes. Une émission de témoignages baptisée "Ça commence aujourd’hui" pour Faustine Bollaert à partir de 14 heures "On ne pense qu’à ça" pour Daphné Bürki qui parlera d’amour à partir de 15 heures avant de passer le témoin à Sophie Davant pour "Affaire conclue" une émission autour de la brocante. Ce constat de la féminisation de l’antenne, on pourra aussi le faire sur les cases info de la chaîne. En semaine, le JT de 20 heures sera confié à Anne-Sophie Lapix, tandis que Marie Drucker héritera de la case documentaire "Infrarouge". Dans le même temps, Léa Salamé se retrouvera seule aux commandes de "L’émission politique". Ce matin dans le Parisien, la directrice exécutive de France 2 a beau expliquer qu’il "n’y a pas d’obsession à féminiser" l’antenne, on a tout de même un peu de mal à la croire.

D’autant que cette vague de fond touche d’autres programmes et d’autres chaînes du groupe

Dans le sport notamment un domaine largement préempté par les hommes jusqu’ici on le constate en ce moment, avec le Tour de France commenté par l’ancienne championne Marion Rousse. C’est valable aussi dans les compétitions diffusées sur les antennes du groupe. Début juin, France 2 programmait en prime-time la finale de la Ligue des champions féminine. Dans quelques semaines c’est l’Euro de football féminin qui trouvera sa place dans les grilles de France 4 et de France 3.

France 3 qui n’est pas la dernière à faire bouger les lignes en termes d’animation : citons l’exemple de la présentatrice météo de BFM TV Fanny Agostini recrutée pour animer "Thalassa" à la rentrée. On pense aussi à notre consœur Louise Ekland qui héritera d'un journal des bonnes nouvelles le samedi en fin de matinée, baptisé "On a la solution".

Jusqu’ici, on parlait beaucoup du rajeunissement des antennes de France Télé. Une chasse "aux hommes blancs de plus de 50 ans" qui a laissé quelques visages emblématiques sur le carreau : Julien Lepers, Patrick Sabatier, Georges Pernoud, William Leymergie ou encore David Pujadas. Delphine Ernotte passe désormais à la deuxième phase de sa politique de renouvellement. Elle est accompagnée dans cette mission par quatre directeurs de chaînes qui sont des directrices : Caroline Got sur France 2 Dana Hastier sur France 3 qui sera dans ce studio dans quelques minutes Tiphaine de Raguenel sur France 4 et Nathalie Darrigrand sur France 5.

Cette tendance à la féminisation, ce n’est pas que de l’image, c’est aussi une démarche stratégique. Ça correspond à une volonté de coller avec les attentes des téléspectatrices, qui constituent la cible favorite des annonceurs publicitaires. M6 l’a compris depuis plusieurs années misant sur des personnalités fortes comme Valérie Damidot, Karine Le Marchand ou Cristina Cordula. Des animatrices confidentes souriantes à l’écoute qui ont permis à la chaîne de séduire celle qu’on appelle la ménagère de moins de 50 ans. France 2 fait ce pari la saison prochaine. Et elle espère le même succès !