Spectre de la censure : plus souvent le fait de conservateurs que de féministes

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Le coup de patte est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Nadia Daam vous présente son coup de patte personnel.

Nadia Daam voulait revenir une dernière fois sur "ce spectre de la censure", évoqué comme excès possible aux mouvement MeToo Et BalanceTonPorc . Ce que Catherine Deneuve qualifie de "danger des nettoyages dans les arts" dans sa lettre adressée au quotidien Libération qui l’a publiée ce lundi.

Nadia Daam aussi, n’en peut plus de ce sujet, elle aurait nettement préféré parler d’Eve Angeli qui veut reprendre les tubes de Johnny en zouk, ce qui est le seul vrai danger. Ou du fait que M Pokora annonce qu’il quitte la France, ce qui est la seule vraie bonne nouvelle. Mais enfin, cette question de savoir si les féministes ont mis en œuvre une grande curée dans les arts mérite qu’on s’y arrête.

Il est vrai que depuis quelques années, plusieurs oeuvres artistiques ont fait l’objet de tentative de purges.

Au cinéma par exemple, les films "La vie d’Adèle", "Nymphomaniac", "antichrist" ou "baise-moi" ont été accusés de faire la promotion du sexe, par une association qui a tenté de limiter leur visas d’exploitation. Laquelle association n’a rien à voir avec le féminisme mais tout a voir avec André Bonnet, son fondateur, lequel a frayé avec de Villiers, Bruno Mégret et Jean-Marie Le Pen.

Aucune féministe n’a jamais tenté d’allumer un barbecue avec Sade dans la Pleiade, mais le dernier à s’en être pris à un livre en l’accusant d’immoralité, c’est Jean-François Copé et sa charge contre le livre pour enfant "Tous à poils", qu’il voyait comme une sorte de Babar chez Pasolini.

Souvenez-vous enfin en 2014, quand "Tree" l’arbre gonflable de  de 25 mètres de de l’artiste Paul Mac Carthy, installé place Vendome, avait été vandalisé à plusieurs reprises par des personnes qui  y voyaient un sextoy. C’est aussi cet événement qui nous a permis d’entendre Jean-Pierre Pernault prononcer les mots "plug anal" au 13h, entre deux reportages sur la fabrique de sabots en pin. Nadia Daam a cherché qui à l’époque soutenait la vandalisation de l’œuvre. Et elle est tombée sur un article qui écrivait alors ceci : "s’il venait un jour à l’esprit de ces saccageurs de s’en prendre à des icônes comme Francis Bacon, Picasso ou encore Sade, pas simplement via un coup de force mais via une proposition de référendum (du genre "faut-il brûler Sade ?"), on ne voit pas ce qu’au nom de la démocratie on pourrait faire pour les empêcher ». L’auteur faisait sien le message véhiculé par ceux qui avait vandalisé l’œuvre: "arrêtez de nous souiller le paysage avec vos saloperies !". Cet article était publié dans Causeur, le magazine fondé par Elisabeh lévy signataire de la tribune du Monde.

Tout ça pour dire, que quand la censure s’exerce, c’est plus souvent le fait de conservateurs que de féministes. Lesquelles ne sont pas des peine à jouir. Comme Nadia Daam a déjà eu l’occasion de le dire sur cette antenne, on peut être suffragette et aimer la levrette, elle ajoute que le féminisme, n’a rien a voir avec le moralisme.