Smilf : la nouvelle série américaine qui porte un nouveau regard sur le célibat féminin

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Le coup de patte est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Nadia Daam vous présente son coup de patte personnel.

Il sera beaucoup question de séries dans ce billet matinal, parce que c’est quand même le meilleur moyen qu’on a trouvé pour se cultiver et se divertir tout en restant chez soi, en slip à manger des Curly. Activité assez peu compatible avec une sortie à l’opéra ou au musée.

Et parce qu’il lui arrive aussi de dire du bien, Nadia Daam voulait parler ce matin d’une série américaine, nommée Smilf. Le titre est inspirée de l’expression anglo-saxonne très classieuse "Milf", Mother I’d like to fuck, que l’on pourrait traduire, pudiquement en français par "une mère de famille que je me ferais bien" ou "une mère que j’ai envie d’importuner" puisqu’apparemment c’est comme ça qu’on dit maintenant. Le "S" juste avant est pour single, "célibataire" et ça devient donc "single mother i’d like to fuck".

C’est une série que les associations catholiques et/ou intégristes américaines détestent. Ce qui fait déjà une bonne raison de la voir. Car cette série est accusée d’enfoncer un dernier clou dans le cercueil du modèle de famille traditionnelle ; un papa, une maman, un chien, un emprunt, un ulcère, regarder Ruquier le samedi soir, et un missionnaire hebdomadaire. Nadia Daam ne recommande pas le missionnaire devant Ruquier le samedi soir, Yann Moix pouvant provoquer des remontées acides. C’est très désagréable pendant un missionnaire.

Si cette série fait polémique, c’est parce qu’elle raconte la vie de Bridgette, une mère célibataire trentenaire qui élève seule son fils, dans un petit studio. Dit, comme ça, c’est pas très festif.

Mais il faut dire que le célibat féminin, c’est pas non plus léger. D’après les statistiques, une femme célibataire de plus de 40 ans a plus de chances de mourir dans un attentat terroriste que de se marier.

Et pourtant, la série est drôle, fine et intelligente. Elle évoque tous les aspects du célibat féminin, de la famille recomposée, des amours à l’heure du numérique, et du regard de la société sur les mères célibataires. Elle demande pourquoi dans l’imaginaire collectif, un père célibataire de plus de 40 ans a des fêlures et du champagne dans le frigo, tandis qu’une mère célibataire de plus de 40 ans a une ride du lion prononcée et des gnocchis à poêler dans son frigo.

En tout cas, cette série explore un terrain assez peu exploré jusqu’ici et plus que jamais d’actualité : la sexualité féminine qui peut être offensive, parfois maladroite, sans être oppressive. Plus crument, ça interroge aussi des dilemmes concrets : comment dire à son enfant, que le truc de maman, dans le tiroir de la table de chevet qui est rose fluo et qui vibre, c’est pas un Pokemon ? Comment élever un enfant seule et avoir les cheveux propres ? Comment refaire sa vie tout en esquivant les pièges tendus comme les MST, les mythomanes, les mecs qui ont pas réglé leur Oedipe ?

La série est diffusé sur showtime, pas facile à télécharger légalement Mais quand on est une mère célibataire, et qu’on a un orgasme toutes les années bisextiles, on a bien le droit de frauder Hadopi.