Pornographie et violences faites aux femmes : merci d'arrêter les amalgames !

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Le coup de patte est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Nadia Daam vous présente son coup de patte personnel.

Nadia Daam a vécu assez longtemps pour lire un jour ce titre de Ouest-France : "Un acteur porno interpelle Emmanuel Macron".

Cet acteur interpelle notre président, en réaction à l’offensive lancée par Macron, dans le cadre de la lutte contre les violences faites aux femmes, contre la pornographie auprès de la jeunesse. "La pornographie a franchi la porte des établissements scolaires. Nous ne pouvons ignorer ce genre qui fait de la femme un objet d'humiliation".

Une déclaration qui pose plusieurs problèmes. D’abord ce n’est pas la pornographie qui a franchi la porte des écoles, mais YouPorn éventuellement. Les enfants ont toujours été soumis à des images avilissantes des femmes. On n’a pas attendu internet, on a même pas attendu la TNT. Nadia Daam est tombée il y a peu sur une vidéo des cocogirls de Stéphane Collaro, dans les années 70. C’était pas exactement ce qu’on appellerait un brûlot féministe.

Ensuite, cette rhétorique consistant à amalgamer pornographie et violences faites aux femmes est un peu paresseuse. Aucune étude sérieuse n’a corrélé le porno et les violences sexuelles. C’est même plutôt le contraire. Les statistiques aux États-Unis et dans d'autres pays "démontrent une corrélation inverse entre taux de viols et consommation de pornographie".

Car il y a de tout dans la pornographie, même qu’une Française sur cinq en consomme régulièrement. Sans que ça ne les incite à se compter en étudiante en erasmus priapique. On peut lutter contre les violences faites aux femmes, et aimer le X. On peut être suffragette et aimer la levrette.

D’habitude, c’est plutôt le rap qui est incriminé comme vecteur de misogynie auprès des hommes. Comme le célèbre MC Brassens.

Emmanuel Macron avait fait le même raccourci malheureux en expliquant que le harcèlement sexuel ne se déroulait que dans nos "banlieues difficiles". C’est surement parce qu’il vit dans la no gone zone de Sablé-sur-Sarthe que François Fillon a dit ceci.

Retenez-la, Nadia Daam est à deux doigts de lancer le hashtag JesuisJacquietMichel.