Nicolas Sarkozy parle littérature comme il commenterait Secret Story

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Le coup de patte est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Nadia Daam vous présente son coup de patte personnel.

Conséquence méconnue du célibat et de la trentaine bien entamée, vendredi soir à 22 heures, Nadia Daam a regardé Public Sénat. Au bout d’un moment, on trouve normal de passer son vendredi soir devant la chaine parlementaire avec un patch anti-points noirs sur le nez et une salade de thon petit Navire.

Mais ça en valait la peine, puisque ce soir-là, Nicolas Sarkozy était l’invité de l’émission littéraire intitulée Livres et vous. Choix de programmation qui peut déconcerter un brin puisque l’ex président n’est pas connu pour être un grand lecteur. On se souvient de Pompidou normalien, passionné de poésie, et citant Eluard. De Valérie Giscard d’Estaing ne jurant que par Maupassant, de François Hollande citant Camus lors de son discours du Bourget.

Tandis que quand Nicolas Sarkozy s’est exprimé sur le sujet, le résultat n’était pas toujours concluant :

Septembre 2011, salle Pleyel, devant un parterre d’intellectuels, il cite Roland Barthez,  celui qui a écrit les fragments d’un discours amoureux tout en  stoppant un but de Ronaldo en coupe du monde 98. Ou de cette fois en 2008, où il nous livrait cette analyse littéraire et sociétale frappée au coin du bon sens : "On peut aimer Céline sans être antisémite, comme on peut aimer Proust sans être homosexuel !".

Merci pour le conseil, on était paumé, on croyait que pour lire Marcel Pagnol, il fallait forcément résider dans la région PACA, et que pour lire Alexandre Jardin, il fallait être comme lui, un peu chelou sur Twitter.

Il faut noter quand même que se réclamer davantage de la culture populaire que de la littérature classique, c’était un argument de campagne de Sarkozy lors des élections. Pour faire plus "peuple". C’est d’ailleurs pour ça qu’il s’était assuré du soutien d’auteurs de chansons à texte, comme Enrico Macias et son brulot politique en alexandrins "zai zai zai zai zai zai zai zai zai zai zai zai".  Ou de Faudel qui a peu emprunté à Verlaine il faut bien le dire.

Justement, sur Public Senat, Nicolas Sarkozy tente de se réhabiliter en grand lecteur des œuvres classiques et cite à l’envie Claude Levi-Strauss, Stendhal ou Houellebecq.

Sarko sera toujours Sarko, alors on relève tout de même quelques approximations et jugements à l’emporte-pièce dans l’interview. Ainsi, Anna Karenine, devient Anna Karanine. C’est un nom de Pokemon Karanine, pas de personnage de roman.  Quand il commente Madame Bovary, c’est pour dire qu’Emma est pas sympa avec Charles alors qu’il fait des efforts. Tu as quand même l’impression que le mec commente Secret Story et qu’il va envoyer Charles au 8 1212, Charles au 8 12 12 pour qu’il reste dans la maison des secrets.

En tout cas, Nicolas Sarkozy est clairement dans une période de reconquête médiatique quitte à aborder des sujets peu maitrisés. On a hâte de savoir comment il va s’en sortir pour le thème "élégantes avec des chaussures compensées" dans les reines du shopping.