Littérature : pourquoi la Parisienne est-elle autant à la mode ?

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Le coup de patte est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Nadia Daam vous présente son coup de patte personnel.

C’est quasiment devenu un genre littéraire. En ce moment, pas moins de cinq livres vendus en librairie sont consacrés aux Parisiennes. Un genre qui découle d’un autre classique de l’édition : les dizaines de livres écrit par des anglo-saxons célèbrent la Femme Française.

Ce sont des best-sellers outre-atlantique répondant aux noms de "Les Françaises ne dorment pas seules", "ces Françaises qui ne grossissent pas", "ces Françaises qui ne font pas de lifting", "ces Françaises qui ne vieillissent pas".

On a pas eu de "ces Françaises qui changent l’eau en vin, ont l’oreille absolue et deux clitoris", mais vous avez compris l’idée.

Depuis quelques temps, ce panégyrique s’est resserré sur "la Parisienne". Ce qui n’est en soi pas nouveau. Les premiers livres célébrant l’élégance et le bon gout inné des Parisiennes remontent au 16e siècle. La presse féminine, Instagram, et Inès de la Fressange ont fini d’entériner le mythe voulant qu’avoir une adresse postale commençant par 75 suffit à faire de vous un être de lumière. Alors qu’avoir une adresse postale en 75, ça fait surtout de vous quelqu’un qui dort sur un clic-clac vu que le prix des deux pièces.

Pourtant, "How to be a parisian wherever you are", "le savoir-vivre de la Parisienne", "À Paris", sont autant d’ouvrages censés décrypter le mode de vie de la parisienne en dressant les portrait de femmes iconiques: des journalistes mode, des blogueuses, des influenceuses, quoique ça veuille dire. Des femmes qui vont donner leur définition du lifestyle parisien.

Par exemple, la journaliste Sophie Fontanel, témoigne dans l’un de ces livres en disant ceci "Moi je ne mets pas de réveil le matin. Ce qui caractérise la parisienne c’est le cool". Alors que toi, si tu mets pas de réveil le matin, ce qui te caractérise, c’est Pole Emploi.

Autres conseils censés vous aider à être une vraie Parisienne distillé dans ces livres : porter des talons tous les jours (la scoliose c’est le nouveau noir),  fumer trop (le cancer c’est le nouveau noir), traverser la rue sans regarder (se faire rouler dessus par une Clio, c’est bon vous avez compris).

Ces livres se piquent aussi de dire que les Parisiennes ont une vie amoureuses plus intense que les habitantes de la Roche sur Yon. Dans "L’amour à la parisienne", les auteurs insistent sur le fait  qu’amour rime avec "humour". C’est complètement con, parce qu’amour, ça rime aussi avec "topinambour" et "Arnaud Montebourg" et "pantacourt". et on en a pas fait un bouquin.

Plus sérieusement, ce serait chouette et utile de vanter les Françaises non pas pour ce qu’elles sont, ou paraissent, mais pour ce qu’elles font. C’est ce que dit Nathalie Depret dans un article de slate.fr : "Et si l’on s’émerveillait de des Françaises scientifiques, révolutionnaires, intellectuelles, qu’elles portent un imper Burberry ou pas". Quant à Nadia Daam, elle aimerait qu’on lui explique un jour comment appliquer le concept du coiffé-décoiffé à la française, elle maitrise bien le "décoiffé", mais elle a besoin de précisions pour le coiffé.