Les Inrocks : à quand une Une avec les femmes tuées par leur mari depuis le début de l'année ?

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Le coup de patte est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Chaque jour, Nadia Daam vous présente son coup de patte personnel.

Face aux séquences télé dans lesquelles des hommes estiment que remonter la jupe d’une femme est fort à propos. Ou que confronter deux femmes victimes de violences sur un plateau télé avec Yann Moix en guise d’arbitre des élégances était tout à fait digne. Non, vraiment, en ce moment il y a de quoi se réjouir.

"Youhouhou", ce n’est pas exactement le son qui est sorti de la gorge de Nadia Daam quand elle est passée au kiosque pour acheter le dernier numéro du magazine Les Inrockuptibles avec Bertrand Cantat en couverture.

Mettre du Cabrel pour évoquer Bertrand Cantat sacré "poète maudit et dieu du rock", c’est assez judicieux. Francis Cabrel ayant eu le bon goût de ne pas tuer une femme à mains nues dans un hôtel lituanien. Contrairement à Bertrand Cantat auquel les Inrocks accordent une deuxième interview depuis sa sortie de prison pour le meurtre de l’actrice Marie Trintignant. Laquelle a selon les médecins légistes, "subi l’équivalent de la force d’une moto projetée à 200 km/h contre un mur".

Pour ceux qui en doutent, mettre Bertrand Cantat en Une d’un magazine avec pour sous-titre ses états d’âme de repris de justice qui a du mal à trouver le sommeil, ça revient à mettre Roman Polanski en Une d’Air France Magazine pour ses difficultés à accumuler des Miles depuis qu’il est recherché par Interpol pour le viol présumé de Samantha Geimer, 13 ans à l’époque.

C’est que, voyez-vous, Cantat comme Polanski sont des artistes avec un grand A comme "attends, non mais il faut dissocier l’artiste de l’homme". Argument qui semble autoriser le fait que les Inrocks demandent à Cantat si "ça va, c’est pas trop dur de se retrouver seul face à soi-même ?". 

Une question que l’on ne peut malheureusement plus poser à Lauren, Doris, Valérie, Sandra, Monique, Fatima, Karen, Jennifer, Stéphanie, Hélène, Kelly, Blandine, Djamila, Noémie… bref, aux 59 femmes qui ont été tuées par leurs conjoints depuis le 1er janvier. Qui ne feront pas la Une des Inrocks, parce qu’elles ne jouent pas de la guitare sèche et ne font pas de films par ailleurs de plus en plus mauvais. Mais elles sont sur liberation.fr, dans un dossier qui recense les 120 femmes tuées chaque année par leur compagnon, leur mari ou leur ex.