Les chats sont tristes le vendredi à Dunkerque : le titre du prochain Prix Goncourt ?

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Le coup de patte est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
Partagez sur :

Chaque jour, Nadia Daam vous présente son coup de patte personnel.

Nous entrons dans la période de remise des prix littéraires. Soit ce moment où on fait tous semblant de s’intéresser au palmarès alors que ce qui nous importe vraiment, c’est qui va avoir le tablier bleu dans le Meilleur Pâtissier pour sa revisite de la tarte au citron.

Tout comme on va s’empresser d’acheter le Goncourt et le mettre en évidence sur la table basse au côté d’une bougie au cèdre et d’un exemplaire du Monde Magazine négligemment ouvert sur une double page consacrée au post-modernisme kazakh, au cas où on aurait de la visite. Alors qu’on sait la vérité : en vrai, on lit tous le dernier Katherine Pancol, on parfume nos intérieur au Febreze et le dernier hebdo qu’on a acheté, c’est Telestar négligemment ouvert sur les heures de rediffs de la série Arabesque sur la TNT.

D’autant qu’au Goncourt ou au Renaudot, Nadia Daam a une préférence pour les prix alternatifs. Ce sont des prix qui tentent de désacraliser l’aspect très cérémonial et compassé des prix littéraires. Comme par exemple le prix trop Virilo, qui sacre des auteurs testostéronés et qui ne rechignent pas à employer des expressions telles que "sexe turgescent". Ou le prix 111, qui récompense la meilleure page 111. Ou encore, le prix de chlore, qui récompense la meilleure scène de piscine de la littérature francophone. Scène dans laquelle un sexe turgescent est souvent impliqué. 

Nadia Daam trouve qu’on devrait disrupter encore davantage les prix littéraires et en créer de nouveaux.

Pourquoi pas  un prix littéraire du titre le plus long. Vous savez c’est très à la mode les titres à rallonge qui ne veulent rien dire:  " " "Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi" ou "Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire". Un jour on achètera des livres dont le titre seront " les chats sont tristes le vendredi à Dunkerque", ou "Où est-ce que j’ai mis mes clés de voiture ?". Et on ne sera même pas étonnés.

Et pourquoi pas un "prix Guillaume Musso", un prix qui ne serait remis qu’à Guillaume Musso. Pour le remercier d’achalander avec tant d’assiduité les rayons, avec des ouvrages répondant au titre de "Et après", "7 ans après" ou encore "demain". Il n’est pas tout à fait exclu que le prochain s’appelle "à plus" ou "jeudi en 8".