Formule 1 : la disparition des "grid girls" permet de révéler la passion des hommes pour l'emploi féminin

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Le coup de patte est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Nadia Daam vous présente son coup de patte personnel.

Le groupe américain récemment nouveau propriétaire de la Formule 1 vient d’annoncer qu’il n’y aurait plus de Grid Girls lors des compétitions et ce dès les prochains grands prix.

Une décision motivée selon l’un des dirigeants par le fait que cette tradition est "inappropriée et en contradiction avec les normes sociétales d’aujourd’hui". Alors rappelons quand même ce qu’est une Grid Girl, ce sont des jeunes femmes qui sont sélectionnées sur des critères très stricts : il faut être jolie, dotée d’une poitrine plutôt généreuse, ainsi que deux mains, elles-mêmes comportant cinq doigts parfaitement mobiles. La préhension, c’est important dans ce métier qui consiste à tenir une pancarte avec le nom du coureur automobile et son sponsor. En cas de fortes chaleurs, ce sont aussi elles qui portent une ombrelle au-dessus du petit crane délicat des coureurs.

Allez savoir pourquoi, la F1 a jugé qu’en 2018, faire d’une femme un truc qui serait à mi-chemin entre un panneau de signalisation et un parasol n’était pas tout à fait opportun. Ces jeunes femmes seront donc remplacées par des enfants.

Mais ce qui est intéressant, c’est la façon dont la nouvelle a été presque unanimement commentée.

La réaction de grid girls elle-même a été largement relayée : ces dernières accusent les "féministes de les avoir mises en chômage". Ça commence à devenir fort pratique une féministe, quand on cherche un coupable: si on continue comme ça, les enfants vont jurer à leur prof qu’une féministe a mangé leur devoir, et ça va passer crème comme excuse.

On observe aussi depuis quelques jours, un fascinant ballet, des hommes qui se sont découvert une passion pour l’emploi féminin, et qui écrivent sur les réseaux sociaux que quand même que si c’est pas malheureux ces pauvres filles qui se retrouvent sans emploi. Les mecs sont à deux doigts de lancer un mouvement Occupy Monte Carlo et une cagnotte Leechi. Et le fait que l’on parle là de jeunes femmes très jolies est évidemment fortuit. Nadia Daam a relevé tous les noms sur Twitter, quand il s’agirait de prendre un congé parental mal rémunéré ou de gagner 10% de moins, elle viendra les voir personnellement pour s’assurer de leur solidarité qui va droit au cœur des femmes.

Relevons aussi la qualité des articles consacrés au sujet, comme un fantastique diaporama du site F1.fr qui, revient, en photos sur les plus belles grid girls de la saison 2017. Les filles sont au chômage, elles sont pas décédées non plus. La palme revient au site pro-russe sputnik.fr qui écrit "qu’il est difficile d’imaginer le sport sans la beauté et le charme des pom-pom girls, dont l’énergie égaye les sportifs et les supporters". Et sputnik de louer le fait que la Corée du nord, elle, n’a pas renoncé au pom-pom girls surnommées "l’armée de beautés" par le pouvoir.  Ça a convaincu Nadia Daam, elle es à deux doigts d’aller faire du twirling bâtons à Pyong-Yang.

Quant à ceux qui rétorquent que s’il existait des potiches hommes, les femmes ne s’en plaindraient pas. Pardon, mais on a eu Laurent Delahousse interviewant Macron à l’Élysée et réfrénant à grand peine un grand écart facial, et on s’en est toujours pas remis.