Féminisme : la surprenante prise de position de Dominique Besnehard

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Le coup de patte est une chronique de l'émission Europe matin
Partagez sur :

Chaque jour, Nadia Daam vous présente son coup de patte personnel.

La séquence s’est déroulée vendredi sur le plateau de la chaine Cnews. Jean-Pierre Elkabach invitait le producteur et agent Dominique Besnehard pour évoquer la mobilisation contre les violences faites aux femmes prévue pour la 43 cérémonie des César.

Une mobilisation dont on espérait à ce moment-là qu’elle serait spectaculaire après la tribune "Maintenant on agit" publiée dans Libération quelques jours plus tôt et l’exemple donné par Hollywood.

Nos espoirs ont vite été douchées, puisqu’hormis des rubans blancs, quelques furtives déclarations et des blagues hasardeuses, le harcèlement, le viol, les inégalités n’ont été que brièvement évoqués. On a connu des soirées Bingo à l’Ehpad plus engagés politiquement que cette cérémonie. Nadia Daam a chronométré, on a passé plus de temps à pleurer les disparus et à écouter le discours de Dany Boon qu’à parler des femmes.

Si elles veulent qu’on parle d’elles salle Pleyel, les femmes victimes de violences n’ont qu’à faire un effort et être chti ou décédée.

Revenons au duo Elkabach-Besnehard. Alors que ce dernier est interrogé sur le thème "après Weinstein, le ruban blanc du combat".

On ne sait même pas par où commencer. D’abord Caroline de Haas n’est pas journaliste mais militante et formatrice sur les questions d’égalité. Ensuite, elle conteste avoir énoncé ce chiffre d’un homme sur trois qui serait un violeur que lui attribue l’Obs. Et a d’ailleurs dû quitter les réseaux sociaux à cause de la vague d’insultes et de menaces que ça avait suscité. C’est  fascinant cette façon qu’ont eu certains hommes (dont le producteur) de se plaindre d’être injustement soupçonnés de violence tout en disant qu’ils lui collerait bien une mandale. À ce niveau d’absurdité, c’est plus de la bêtise ou de la malveillance, c’est une performance artistique.

Mais ça ne s’arrête pas là. Elkabach a plaidé la "boutade" et affirmait n’avoir aucune leçon à recevoir en matière de féminisme. Faisons une pause pour digérer cette information. Ah ben non, ça passe pas !

Besnehard lui, nous a régalé de ses réactions tout le week-end. Il s’insurge d’abord sur son compte Facebook, du "sectarisme anti-hommes". Vous savez ce groupuscule féministe qui se réunit la nuit dans les catacombes pour fomenter un plan diabolique visant à obtenir l’égalité et la fin des violences. C’est sûr, ça fout la trouille.

Il a persisté le lendemain en déclarant toujours sur Facebook qu’il allait "écrire une tribune sur sa vision du féminisme pour clore le débat". Car c’est ce qui manquait à la France : une définition du féminisme par un homme tout fiérot de vouloir gifler une féministe. Et puis, juste après on demandera sa vision de l’élégance à Cyril Hanouna et sa recette de steak tartare à Aymeric Caron.

Dominique Besnehard n’a toujours pas publié sa tribune. Ça tombe bien parce que depuis cet extrait d’une autre interview donnée l’an dernier à la même époque nous est revenue en mémoire.

Allez Domi fais d’une pierre deux coups, donne-nous ta vision du féminisme et du racisme.