SNCF : la réforme qui fait grincer des dents

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La Une de l'éco est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Chaque matin, Emmanuel Duteil fait le point sur l'actualité économique.

Guillaume Pepy le patron de la SNCF sera l'invité de Patrick Cohen sur Europe 1 à 8h15. Il va venir s'expliquer sur la réforme de la SNCF, une réforme qui fait grincer des dents en interne.

"Il y en a marre de ce SNCF bashing", c’est le sentiment d'un cadre de l'entreprise. Les critiques de ces derniers jours de la part notamment du gouvernement qui estime que la situation n'est plus tenable sont mal perçues en interne. Guillaume Pepy devrait donc saluer ce matin le travail réalisé au quotidien par les équipes. Depuis quelques semaines on a l'impression que tout ce que l'on fait c'est du grand n'importe quoi ajoute un autre cadre. C'est dur et injuste pour les cheminots qui font tourner chaque jour la maison, précise un autre. Surtout que Guillaume Pepy le reconnaissait lui-même il y a quelques mois en petit comité : c'est la force et parfois la faiblesse de l'entreprise mais chaque cheminot a le sentiment que la SNCF c'est son entreprise. Le sentiment d'attachement est très fort disait-il à l'époque.

Mais est ce qu'il soutient cette réforme malgré tout ?

Même si aujourd’hui on critique la façon de faire dans l'entourage de la direction dès cet été certains cadres préparaient le terrain. "Ce n'est peut-être pas la peine d'avoir de fausses pudeurs. Il faut que l'on dise les choses plus clairement". Ça intervenait après une entrevue musclée entre Emmanuel Macron et des cheminots lors de l'inauguration de ligne TGV Paris Rennes. Le président de la république avait alors dit à une conductrice "madame votre métier est mort, si vous voulez défendre votre entreprise il faut la réinventer". "Il a été beaucoup plus cru que nous sur la fin des métiers. Mais c'est ce qu'il faut dire" reconnaissait un autre cadre. On se préparait bien avant le rapport Spinetta à une réforme d'ampleur à la SNCF.

Mais en quoi cette réforme va changer les choses ?

Le but de cette réforme c'est de rendre plus fluide l'organisation et de préparer l'entreprise à la concurrence. Sur le côté plus fluide, la fin par exemple du statut de cheminots pour les nouveaux entrants devrait permettre d'intégrer un peu de polyvalence dans l'entreprise. Si vous êtes embauché pour un métier vous restez sur ce métier, même si ce métier est moins utile aujourd’hui. C'est une des clefs de la réforme notamment pour maintenir l'activité des petites gares. Il faut que les agents puissent faire plusieurs métiers : guichet, contrôle des voies etc... Le fait d'être transformé en société nationale, on ne parle du tout de privatisation, va rendre aussi l'entreprise moins dépendante du pouvoir politique.

Et pour nous consommateurs ?

Là c'est le volet concurrence qui ne dépend pas de cette réforme mais il va y avoir plein de nouveaux entrants et donc plus de trains. Ça devrait aussi permettre de faire baisser les prix. Pour rester un acteur majeur un peu comme peut l'être Orange dans la téléphonie, il faut absolument se dégager dès maintenant les marges de manœuvres suffisantes.