Qui est Carlos Ghosn, l'homme qui a fait de Renault le numéro un mondial de l'automobile ?

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La Une de l'éco est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Le patron de Renault, Carlos Ghosn, va briguer un nouveau mandat de PDG du constructeur automobile français, avec le soutien de l'Etat. Mais qui est-il vraiment ?

Sauf énorme surprise, Carlos Ghosn, le patron de Renault, va être reconduit jeudi pour un nouveau mandat. Un numéro 2 (a priori Thierry Bolloré, déjà en charge de la compétitivité chez Renault) devrait aussi être nommé, de façon à préparer la succession.

Une part de chance. Carlos Ghosn aura marqué le constructeur automobile de son empreinte. L'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi est aujourd'hui le premier constructeur mondial. En 2004, juste avant son arrivée aux commandes, l'alliance ne pointait qu'à la quatrième place. Un classement à l'époque dominé par un dénommé General Motors. Pour réussir son coup, Carlos Ghosn a bénéficié d'un peu de chance. Les bons choix avaient été fait avant lui. Renault avait pris une grosse participation en 1999 dans Nissan, et cela s'est avéré très payant. Surtout, son prédécesseur Louis Schweitzer avait amorcé la gamme low-cost Dacia. À l'époque, peu de monde croyait à ce pari, largement gagnant aujourd'hui.

Bosseur, intelligent et colérique. Pour autant, Carlos Ghosn ne s'est pas contenté d'assurer la gestion du groupe. Bourreau de travail (tous ceux qui le connaissent peuvent en attester), il a su s'appuyer sur ses forces pour accélérer. Polyglotte, le patron de Renault est aussi une personne d'une rare intelligence. Colérique, il est réputé pour être très dur avec ses équipes. Carlos Ghosn est un vrai industriel, doté d'une vision très aiguisée du monde de l'automobile. L'une de ses principales réussites est d'avoir su faire de l'alliance une machine de guerre.

De nouveaux défis à relever. Pour cela, toutes les économies d'échelle ont été imaginées. Il a dirigé en même temps, et jusqu'à très récemment, Renault et Nissan, ce qui lui a facilité la tâche. Il est d'ailleurs le seul à être ainsi directement à la tête de deux marques à dimension mondiale. Et il vient de prendre en mains Mitsubishi, qu'il faut maintenant redresser. Surtout, le patron a fait un peu avant tout le monde le pari de l'électrique. Pour lui, dans le monde de l'automobile, c'est la même révolution que le téléphone portable dans le monde de la téléphonie. Et aujourd'hui, l'alliance est de très loin le plus gros fabricant de voitures électriques.

Trop rémunéré ? Reste la polémique sur son salaire. Carlos Ghosn fait partie des patrons les mieux payés au monde. Et cela a beaucoup énervé l'Etat, qui est encore un gros actionnaire de Renault. Mais même s'il dû mettre un demi-orteil à terre sur cette question, Carlos Ghosn n'est pas affecté. Pour lui, la valeur, ça se paye. Il dirige deux marques, et estime donc que cette rémunération est totalement méritée. Ça peut s'entendre. Mais le succès de l'alliance est aussi à mettre au crédit des équipes qui ont fait beaucoup d'efforts, et qui sont un poil moins rétribuée. Malgré tout, Carlos Ghosn, qui débute à bientôt 64 ans son dernier mandat chez Renault, a encore quelques années pour renforcer le groupe et l'installer durablement à la première place mondiale.