Pimkie renonce aux ruptures conventionnelles mais pas au plan de départs volontaires

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La Une de l'éco est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Chaque matin, Emmanuel Duteil fait le point sur l'actualité économique.

Finalement Pimkie renonce à utiliser la rupture conventionnelle collective.

En effet, face à l'hostilité des syndicats Pimkie a dû faire marche arrière. Ces ruptures conventionnelles collectives ont été mises en place lors de la loi travail. Pour faire très simple, elles permettent de négocier des plans de départs plus facilement. C'est l'employeur qui est à la manœuvre, c'est lui qui ouvre un guichet "départs" avec un nombre de postes à supprimer et qui va négocier avec les syndicats les conditions de ces départs. Mais pour y arriver, il faut obtenir un accord majoritaire des syndicats et ça n'a pas été possible chez Pimkie. Retour donc à la case départ.

Le plan de départ n'est pas annulé pour autant ?

Le groupe, qui est une des filiales du groupe Muliez (le propriétaire notamment d'Auchan ou de Leroy Merlin), veut fermer des magasins et se séparer d'un peu plus de 200 salariés. Le but est de se relancer. Mais Pimkie va devoir trouver une autre solution et donc miser sur un plan de départ classique. C'est plus contraignant à mettre en place pour l'entreprise car elle a plus d'engagements à respecter.

Le cas Pimkie était très regardé, c'était la première grosse entreprise à utiliser ce dispositif. Ça part donc mal pour ces ruptures ?

C'était la première mais au contraire c’est très rassurant pour ce dispositif. Pourquoi ? Parce que le but de ces ruptures c'est de permettre aux entreprises d'être plus agiles, de pouvoir adapter leurs structures plus facilement en fonction des aléas économiques. Mais point important, ça doit se faire sur la base du volontariat. Ça ne doit pas être un plan social déguisé. Il ne faut que les entreprises détournent l'esprit de la loi par exemple pour en profiter pour faire partir les plus âgés de l'entreprise. Et pour que l'on soit à peu près certain que le volontariat ne soit pas trop subit, il faut avant toute chose réussir à convaincre la majorité de ses syndicats. C'est un minimum et ce que n'a pas su faire Pimkie.

Ce "non" c'est presque une bonne nouvelle ?

Ce non des syndicats de Pimkie vient en effet cadrer d'une certaine manière l'esprit de la loi. Regardez chez PSA. Les discussions ont été lancées hier pour se servir également de ce dispositif pour faire partir des collaborateurs mais là, ça se passe bien. La plupart des syndicats à l'exception de la CGT sont plutôt d'accord avec ce plan. Il y a une forme de consensus. Les entreprises qui, du coup, seraient tentées de l'utiliser vont peut-être regarder à deux fois et mieux se préparer. C'est de l'intérêt de toutes les parties prenantes.