Le Ketchup "Heinz" et la moutarde "Amora" renoncent à se marier

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La Une de l'éco est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Alors qu'une offre publique d'achat de 143 milliards de dollars était sur la table, le groupe Unilever a dit non à l'Américain Heinz.

Le Ketchup "Heinz" et la moutarde "Amora" renoncent à se marier.
Ce devait être la troisième plus grosse offre publique d’achat de tous les temps.

À la surprise générale vendredi, l’Américain (Kraft) Heinz qui vend du Ketchup et de nombreuses marques alimentaires, annonce qu'il lance une offre publique d’achat de 143 milliards de dollars sur le géant Européen : Unilever.
Uniliver c’est une ribambelle de marques alimentaires comme Amora, Magnum, Carte d'or, Lipton ou encore Knor.
Mais également quelques marques de détergent et de produits d'entretien pour salle de bain comme la poudre à récurer Cif, le savon Dove, Omo, Rexona ou le dentifrice Signal.

Il s’agissait de la troisième plus grosse offre publique d’achat de tous les temps : 143 milliards de dollars soit 134 milliards d’euros soit une augmentation de 18 %.
Unilever a dit non au mariage sous prétexte que le management ne voyait pas l’intérêt stratégique et qu’il craignait le démantèlement des produits d’entretien.
L’entreprise se targue d'avoir une stratégie sociale incompatible avec la méthode Cow-Boy Ketchup qui pratique la réduction des coûts et la suppression d'emplois pour engendre des bénéfices.
Il y a également une opposition politique puisque Theresay May, inquiète pour l’emploi du géant Anglo-Neerlandais s’y opposait également.
C’est nouveau parce qu’avant on laissait faire loi du marché.
Maintenant, l’aspect Social est pris en compte et les politiques ont leur mot à dire. C’est la même chose avec PSA qui doit faire face aux inquiétudes de Londres et Berlin dans le rachat de la marque Opel.

En fait, c'est le triomphe de l'approche française qui, pourtant, a été longtemps moquée.
Souvenez-vous en 2005, la rumeur de rachat de Danone par Pepsi qui avait provoqué un tollé jusqu' à Jacques Chirac.
Le mariage réussi est désormais celui de l’argent et de l’amour