La tension monte aussi chez Air France

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La Une de l'éco est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Chaque matin, Emmanuel Duteil fait le point sur l'actualité économique.

On a beaucoup parlé de la SNCF ces derniers jours et on va en reparler encore dans les jours à venir mais il y a un autre conflit dans une entreprise anciennement publique. Il s’agit d’Air France. Là aussi, il y a plusieurs jours de grève de prévu.

Deux jours de grève ont déjà été annoncés, ce vendredi et le vendredi d’après. Et le vendredi d’après ce n’est pas un vendredi comme les autres puisque ce sera en effet le week-end de Pâques. Un week-end donc très important pour Air France. Le mouvement pourrait être massif. 11 syndicats de toutes les catégories de personnel ont appelé à débrayer. La dernière fois, il y a quelques semaines, ça avait conduit la compagnie à annuler un quart des vols.

Quelles sont les revendications des salariés ?

Ils demandent 6% d’augmentation de salaire. Ils estiment s’être serrées la ceinture pour aider au redressement de la compagnie. Selon les syndicats, une telle augmentation permettait de compenser la perte de pouvoir d’achat de ces dernières années.

Que répond la direction d’Air France ?

Hors de question ! C’est impossible, ça risquerait de mettre en péril la compagnie comme l’a rappelé ce week-end, dans le Journal du Dimanche, le patron d’Air France. Pour lui, ça accentuerait encore l’écart entre Air France et ses concurrents. Surtout que même si la compagnie va un peu mieux, elle est encore vraiment à la traine et les défis sont gigantesques. Quand on voi, par exemple, l’arrivée en septembre de Level (la compagnie low cost de British airways) sur le Paris-New-York, on se dit que ça va être très dur pour Air France.

Il faut donc s’attendre à un mouvement d’ampleur ?

La direction d’Air France a fait un dernier geste ces derniers jours. Mais plus que jamais, on a l’impression que les discussions sont bloquées. C’est vraiment l’un des problèmes de la compagnie. Son dialogue social ne fonctionne plus. Mais l’État pourrait en partie débloquer la situation. Ça fait des années que le secteur de l’aérien demande un cadre plus favorable pour le pavillon français. Ils ont l’impression de se battre avec des chaussures de plomb face notamment aux compagnies du Golfe. Ces assises de l’aérien vont s’ouvrir d’ici quelques semaines et il serait temps de soutenir un secteur qui a fait la fierté de la France il y a quelques années mais qui aujourd’hui n’arrête pas de perdre des parts de marchés.