La CLCV monte au créneau contre les réseaux de chaleur

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La Une de l'éco est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Chaque matin, Carole Ferry fait le point sur l'actualité économique.

Carole Ferry remplace Emmanuel Duteil du lundi 30 octobre au mercredi 1er novembre 2017.

On évoque le marché des réseaux de chaleur avec Carole Ferry. C'est le mode de chauffage qui a la côte en ce moment, poussé à grands coups de subventions. Mais la CLCV dénonce les dérives du système qui font grimper la facture.

Pour commencer, qu’est-ce exactement que ces réseaux de chaleur ?
C'est un chauffage installé pour tout un quartier, une chaudière qui alimente à la fois les immeubles, les hôpitaux et les crèches.
L'avantage c'est d'avoir une chaudière pour tout le quartier au lieu d'en avoir une par immeuble et surtout ce sont les stars des énergies renouvelables.
En région parisienne par exemple, c'est là qu’il y en a le plus car il y a sous terre un trésor inestimable, une eau à 70°. Il suffit de la faire remonter à la surface et jaillit alors une énergie entièrement gratuite, qui chauffe 450.000 Franciliens.
À Dunkerque, l'hôpital, le collège, la piscine et 6.000 logements sont chauffés grâce à la chaleur émise par l'usine Arcelor Mittal.
À la Grande Motte, la ville s'apprête à se chauffer grâce à l'eau de mer.
Beaucoup de réseaux fonctionnent aussi au bois. Quand vous fabriquez des meubles en bois, vous avez des tonnes de déchets dont personne ne sait quoi faire. Ça sert notamment à alimenter des réseaux de chaleur.

Et c'est gratuit ?

L'énergie est parfois gratuite mais vous savez bien que rien n'est jamais gratuit et ce qui coûte très cher, c'est l'installation du réseau. L'eau à 70° par exemple, il faut aller la chercher à 1.700 mètres de profondeur et la redistribuer ensuite à chaque logement. Ça coûte très cher, entre cinq et dix millions d'euros.
Et il y en a beaucoup en France ?
2,5 millions de logements sont chauffés ainsi. Ça fait 6% seulement de l'ensemble des systèmes de chauffage. Les Allemands eux sont à 13%, le Danemark et la Finlande à 50%.
Mais c'est un secteur en pleine croissance en France, car l'état mise beaucoup dessus. Les subventions vont jusqu’à 30% du coût et sur cinq à dix millions d'euros, c'est loin d'être négligeable.

Vu le prix, il vaut mieux que tout le quartier soit prêt à partager ?

C’est la limite du système en effet. Comme quand vous êtes chargé d'acheter le cadeau d'anniversaire pour tout le monde et que personne ne participe derrière.
Vous avez des maires qui lancent le projet, pensant que les immeubles privés vont se brancher et partager la facture, sauf que ça n'est pas toujours le cas.
Ce que dénonce la CLCV, c'est que les HLM, eux, sont obligés de se raccorder, de participer au cadeau et ça peut leur coûter très cher.
C'est ce qui passe par exemple à Clermont Ferrand où le réseaux de chaleur flambant neuf est utilisé aux deux tiers seulement de ses capacités. Il n'y a pas eu suffisamment de candidats pour se brancher. Résultat : la facture des locataires, modestes le plus souvent, a grimpé de 10%.