Espagne : le patron de Zara fait un don pour la lutte contre le cancer et créé la polémique

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La Une de l'éco est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Amancio Ortega, deuxième fortune mondiale, a fait un don de 320 millions d'euros que les Espagnoles refusent. L'époque de bienfaisance en cours sous Franco est terminée lui a-t-on répondu.

L'Espagne a été le théâtre d'une histoire assez incroyable. Le patron des magasins Zara créé la polémique suite... à un don de 320 millions d'euros (qu'il a effectué) pour la lutte contre le cancer, rapporte Le Figaro mercredi matin.

Le patron de Zara, Amancio Ortega, est la deuxième fortune mondiale avec 74 milliards d'euros. Une fortune qu'il a décidé de partager. Grâce à ce don les hôpitaux espagnols vont pouvoir s'équiper de machines de détection et de traitement du cancer.

Et pourtant cela ne plaît pas.

En Espagne, on ne veut pas de sa charité. On lui explique que l'époque de bienfaisance en cours sous Franco est terminée et que la lutte contre le cancer doit dépendre de l'argent public et non de dons privés. On recommande à Ortega de payer l'ensemble de ses impôts correctement, plutôt que de faire des montages fiscaux. De plus, certains affirment que le recours massif aux scanners va multiplier l'exposition du personnel médical aux risques d'irradiation.

Même si on peut entendre certains de ces arguments, c'est tout de même assez incroyable puisqu'on parle de sauver des vies !

Effectivement 320 millions ne relèvent pas de la fantaisie d'un milliardaire, d'un hobby. D'autant plus que son argent, il ne l'a pas volé puisque Zara affiche une réussite incroyable devant l'Américain GAP et le Suédois H&M. Le groupe compte plus de 5.000 boutiques dans le monde entier mais qui fait encore fabriquer en Espagne.

Mais cette histoire témoigne de la fatigue du peuple espagnol, marqué par des années d'austérité, notamment dans les hôpitaux. On parle beaucoup de la Grèce qui est à cran mais l'Espagne aussi a fait d'énormes efforts et sont très remontés contre les inégalités. Cela montre également la nécessité d'enclencher une nouvelle étape dans l'intégration européenne, de créer une Europe de transfert dans laquelle les pays les plus dynamiques aident les pays qui traversent une passe difficile.