Des gros de la restauration collective achètent des start-up qui les bousculent

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La Une de l'éco est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Chaque matin, Emmanuel Duteil fait le point sur l'actualité économique.

Ce vendredi, les gros de la restauration collective qui achète des start up qui les bousculent.

Dans les grandes villes françaises, la grande mode c'est de se faire livrer ses repas à domicile. Il y a Deliveroo ou Allo Resto qui livrent des plats préparés par les restaurants du quartier, ils n'ont pas inventer le fil à couper le beurre. On s'est en effet toujours fait livrer des pizzas par exemple. Ce qui est plus nouveau depuis deux ou trois ans ce sont les petites start up qui préparent elles-mêmes des repas sympa dans leurs propres cuisines et qui les livrent ensuite. Parmi les plus gros, on peut citer Frichti, foodchéri ou encore Nestor.

Ces groupes intéressent fortement les grands de la restauration collective ?

Ils ne peuvent pas passer à coté de cette activité qui progresse à vitesse grand V. Frichti, par exemple à Paris, auprès d'une catégorie particulière de la population c'est à dire les jeunes actifs dynamiques avec un bon pouvoir d'achat, ça cartonne. Ils ont quand même levé 30 millions d'euros il y a quelques mois. Lever de l'argent ça veut dire trouver des investisseurs qui croient dans leur projet. Cet argent permet d'ouvrir de nouvelles villes et surtout d'avoir plus de bras. C'est pareil pour Foodcheri qui vient d'être racheté par Sodexo, on l'a appris ce jeudi. Grâce à cet investissement, la bataille entre toutes ces nouvelles pouces va encore s'intensifier.

Avec Sodexo, Foodchéri trouve un partenaire de poids ?

Sodexo c'est un mastodonte connu pour la restauration collective. Très présent du coup dans les entreprises, c’est un gros marché en plus pour Foodchéri. Ce rachat est surtout symbolique d'une nouvelle donne. Dans les grandes villes on ne consomme plus pareil. Ces plats sympathiques, préparés avec de bons produits et joliment présentés répondent à un vrai besoin. C'est comme ça qu'est né frichti par exemple. Derrière l'aventure se cache un couple qui avait bien réussi professionnellement. Ils bossaient tous les deux beaucoup et un jour, ils se sont dit que ce n’était pas possible de pouvoir manger correctement chaque soir sans faire des tonnes de cuisine. En quelques jours frichti est lancé et le succès est au rendez-vous. Ce qui fait que tous ces groupes ont aujourd’hui un gros problème de riche : gérer ce que l'on appelle l'hyper croissance. Pour ne pas décevoir, il faut en effet toujours plus de monde pour répondre à la demande. Un vrai défi que Sodexo devrait aider à limiter pour Foodchéri.

Ce rachat est aussi un symbole de la période que l'on vit ?

Les grands groupes ont toujours acheté des petites entreprises innovantes plus agiles qu'elles pour rester dans le coup. Mais là clairement, les grands groupes ont un besoin capital d'aller vite pour rester dans la coup du digital. C'est vrai pour Sodexo avec Foodcheri mais on pourrait signaler un autre exemple, celui de Carrefour qui a pris ce jeudi 17% de Showroomprivé, un site de ventes privées. Et ce mouvement global est loin d'être fini.