Allemagne: les syndicats demandent à passer à la semaine de 28 heures

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
La Une de l'éco est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
Partagez sur :

Chaque matin, Emmanuel Duteil fait le point sur l'actualité économique.

En Allemagne, IG Metall le puissant syndicat de la métallurgie se lance dans un bras de fer avec le patronat.

Il y va y avoir des débrayages en Allemagne cette semaine. Sur place, on parle d'un bras de fer qui s'annonce comme l'un des plus durs de ces dernières années. Il y a déjà eu la semaine dernière quelques mouvement en guise d'avertissement comme chez Porsche. Là, les positions semblent pour le moment irréconciliables ce qui est rare dans un pays habitué au consensus sur les questions sociales au sein de l'entreprise.

Qu'est ce qui pose problème ?

Tous les deux ans environ ça se passe de la même façon en Allemagne. IG Metall, qui est un peu la CFDT de la métallurgie, formule ses demandes pour le secteur. S'en suivent des discussions, parfois très longues, avec le patronat et l'accord trouvé sert un peu de référence pour toutes les autres branches. Cette année, IG Metall demande 6% de progression. Ça parait énorme vu de chez nous mais l'industrie allemande se porte bien. Le patronat propose trois fois moins, c'est classique ! Généralement, ils se mettent d'accord sur un chiffre entre les deux mais là ce qui pose problème c'est que le syndicat allemand demande en plus la semaine de 28 heures pour ceux qui le souhaitent. L'entreprise ne pourrait pas s'y opposer. Le syndicat demande en plus, pour accompagner une telle mesure, une compensation partielle du manque à gagner salarial par l'employeur. La formule serait valable deux ans au maximum et l'employeur devrait garantir un retour à un poste à plein temps. Le patronat est vent debout, il estime que c'est impossible à mettre en place.

Mais comment IG Mettal justifie une telle demande ?

C'est là où c'est où c'est le plus intéressant, il y a deux arguments. Le premier est que, selon eux, ça permettrait aux parents d'avoir un travail plus compatible avec la vie de famille. Ça permettrait donc de soutenir la natalité, ce qui est un problème en Allemagne. Deuxième argument, dans un pays qui se robotise à marche forcée, ce serait un juste retour des choses pour les collaborateurs. Ce serait une sorte de compensation et c'est effectivement une vraie question. Même si l'Allemagne manque de main d'œuvre et que pour le moment la robotisation s'est passée sans trop de destruction de postes, les salariés allemands ont du faire des efforts de salaires et accepter une plus grande flexibilité du travail. C'est donc un vrai débat de société qui mérite d'être posé qui est aujourd’hui sur la table des discussions entre patronat et syndicats. On pourrait le résumer ainsi : faut-il toujours travailler autant dans les métiers pénibles à l'heure de la robotisation ?