Airbus englué dans des poursuites judiciaires qui pourraient lui coûter très cher

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La Une de l'éco est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Chaque matin, Carole Ferry fait le point sur l'actualité économique.

Carole Ferry remplace Emmanuel Duteil du lundi 30 octobre au mercredi 1er novembre 2017.

Airbus annonce des résultats florissants.

Effectivement mais ça pourrait se gâter, le groupe est englué dans des poursuites judiciaires qui pourraient lui couter très cher.

Airbus a donc présenté ce mardi de bons résultats pour le troisième trimestre 2017. C'est plutôt une bonne nouvelle pour ce champion de l'aéronautique, mais Carole Ferry nous explique ce mercredi que les comptes pourraient bien, à l'avenir, repasser dans le rouge.

Oui car Airbus pourrait être condamné à payer de très lourdes amendes pour avoir triché au moment de la signature de contrats. c'est le groupe lui-même qui a reconnu des fraudes.
C'est son PDG, l'Allemand Thomas Enders qui a décidé de tout révéler.
L'idée c'était un peu "faute avouée est à moitié pardonnée" pour négocier un minimum d'amende, voir un blanchiment. Alors sa stratégie lui permettra-t-elle d'éviter le pire ? L'avenir le dira. Pour le moment, le groupe se retrouve surtout plongé dans un immense scandale.
En gros, Airbus a payé des intermédiaires pour organiser la vente de ses avions. C'est légal, sauf que normalement, vous êtes censés déclarer combien vous avez payé et à qui, et ça Airbus ne l'a pas fait.
Un première faute qui entraine des soupçons sur ces rémunérations. Étaient-elles vraiment légales ? En tout cas, ces intermédiaires ne sont plus rémunérés depuis 2014 et la justice française mais également britannique épluchent en ce moment tout le dossier.
Ça c'est pour l'Europe mais Airbus a également fait des révélations aux États-Unis, avouant des "inexactitudes" dans les informations transmises lors de la vente d'armes. Pour le moment, la justice américaine ne s’en est pas encore saisie.

S’il y a des amendes, est ce qu'on a une idée du montant qui pourrait être réclamé à Airbus ?

S’il y a des amendes, ça se chiffrera sans doute en milliards. Carole Ferry a eu plusieurs spécialistes en ligne, certains vous parlent d’un milliard, d'autres vont jusqu'à 30 milliards.
Une chose est sûre, le nombre de zéro sera évidemment déterminant pour l'avenir du groupe.

Est-ce que ça peut aller jusqu'à mettre Airbus en danger ?

Son PDG, Thomas Enders, c'est tout à fait possible.
Le groupe lui, c'est quand même un groupe très solide. L’action est d’ailleurs restée très stable hier.

Certes L'A380 ne se vend pas autant que prévu et certes l'A400 M enchaine les déboires, mais ça reste un leader incontournable. Personne n'a intérêt à voir disparaitre Airbus, pas les 50.000 salariés français, ni l'État français actionnaire à 11%, ni même les compagnies aériennes. Parce qu'aujourd'hui, il y a deux groupes au monde qui fabriquent des avions : Boeing et Airbus. Si l'un des deux disparait, il n’y a plus de concurrence sur les prix.
Alors si on veut être précis, les Chinois commencent eux aussi à fabriquer des avions, mais Pékin reste encore marginale pour le moment sur le marché mondial.
Dans tous les cas, Airbus traverse clairement une violente période de turbulences et l'atterrissage reste incertain.