A l'approche de l'issue des élections, quel est le portrait économique de l'Italie ?

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La Une de l'éco est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Chaque matin, Emmanuel Duteil fait le point sur l'actualité économique.

Et on passe à l'économie avec vous Emmanuel Duteil. Il y a quelques jours les italiens votent ce weekend. Des élections très attendues en Europe. Elles pourraient déboucher sur une vraie instabilité. Mais avec vous Emmanuel pas de politique vous avez regardez comment se porte l'économie italienne.

Alors on commence par une rapide photo type guide touristique. Quand je vous dis cela vous avez tous en tête le Colysée, la tour de Pise, les pâtes. Bon moi mes 3 infos à avoir en poche c'est croissance, déficit et dette. On commence avec la croissance.

On l'a peut-être un peu oublié mais au pire moment de la crise européenne on pensait que l'Italie pourrait tomber comme la Grèce. L'an dernier : 1.5% de croissance du jamais depuis 7 ans. C'est un peu moins bien que chez nous. Et surtout l'Italie n'a pas encore retrouvé son niveau d'avant crise. Dette : elle se stabilise à des niveaux très élevés. Déficit : en baisse l'an dernier. Le moins mauvais résultat depuis 10 ans. Bilan : le malade n'est pas encore totalement guéri mais donne de vrais signes d'amélioration.  Ma litanie de chiffres est je le reconnais un peu indigeste surtout au petit dej. Mais ce frémissement n'est pas encore vraiment ressenti par les italiens. Il y a un vrai sentiment d'appauvrissement en Italie. Surtout que les emplois créés ces derniers mois sont souvent de petits jobs pas très surs. Presque 1 jeune sur 3 est au chômage.

On a beaucoup parlé des banques italiennes. Elles étaient souvent présentées comme très à risque on en est où ?

Pas la grande forme mais de vrais signaux d'amélioration là aussi. L'Etat a sauvé l'une des banques mythiques qui s'appelle Monte Dei Paschi. Et tente d'améliorer un peu la situation. Le gros problème là-bas c'est que l'on appelle les créances douteuses. C'est à dire qu'il y a beaucoup de prêts dont on n'est pas totalement certains qu'ils puissent être vraiment un jour remboursés. Il y a en plus un paquet de petites banques régionales. Imaginez il y a 2 fois plus d'agences en Italie que chez nous en France.

C'est tout le problème plus largement du tissus des entreprises en Italie. Ce sont souvent de petites entreprises.

Vous avez tout à fait raison. L'Italie qui est un très gros exportateur dans le luxe, l'agroalimentaire mais aussi l'industrie a de grosses entreprises connues comme Generali dans l'assurance, fiat, Prada dans le luxe etc. mais derrière ces fleurons il y a une multitude de grosses PME qui ont bien du mal à se moderniser. De l'aveu d'un grand patron français qui s'installe en ce moment même en Italie : quand on travaille sur l’Italie on voit que la France est plutôt moderne". Un exemple tout bête les italiens par exemple ne sont pas habitués à mettre leurs moyens de paiement en ligne. Tenter un redémarrage sera donc un des principaux défis de la future équipe quelque soit sa couleur politique.