Série télé : "Nox", dans les égouts et en enfer

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La série de PPDE est une chronique de l'émission Les petits pas dans l'écran
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Chaque semaine, à 19h35, Clémence Olivier décortique les séries qui font l'actualité. Ce samedi : "Nox", la nouvelle création originale de Canal +, diffusée dès le 12 mars.

C'est un voyage sans nul pareil. Une plongée dans les sous-sols de Paris, bien loin des couloirs de métro. Là, se présente un labyrinthe géant, des catacombes, trois fois plus grandes que la ville de Paris en surface. Un monde souterrain peuplé par des laissés pour compte, des réfugiés à la recherche d'un abri, des marginaux et des personnes, totalement égarées, qui vont finir par commettre des choses insensées.

C'est ce cadre obscur et angoissant qui sert de décor à Nox, la nouvelle création de Canal +, disponible à partir du 12 mars sur la chaîne cryptée. Cette série en six épisodes, réalisée par Mabrouk el Mechri - déjà aux manettes pour la série Maison Close - raconte l'acharnement de Catherine Susini, une ancienne flic, jouée par Nathalie Baye, pour retrouver sa fille Julie, également policière, disparue dans cet enfer sous terre alors qu'elle était en mission avec son coéquipier, Raphaël.

Un polar noir. Sans surprise, la série est donc sombre, très sombre. C'est un polar, car le spectateur suit l'enquête de Catherine et de Raphaël, embarqué à la recherche de Julie. Mais c'est aussi un film de genre, particulièrement angoissant qui ne s'adresse pas à tous les publics, avec un méchant aux allures de tortionnaire masqué particulièrement effrayant. D'ailleurs, plus l'enquête de Catherine et de Raphaël avance, plus les découvertes des deux policiers font froid dans le dos.

Dark net et violence policière. En creux, la série s'intéresse aussi à des sujets de société. Il est notamment question du fonctionnement du Darknet ou comment cet autre internet, dénué de règles et de contrôles peut servir de moyen de communication privilégié pour les marginaux et les criminels. La situation désastreusement précaire des immigrés sans papier et le rapport entre la police et les jeunes de banlieue sont également abordés dans la série. Même si l'on peut lui reprocher de ne faire que les effleurer.

Les masques tombent. En revanche, Nox prend le temps de déshabiller ses personnages. Au fur et à mesure des épisodes, les masques tombent et notamment celui de Catherine Suzini, jouée par Nathalie Baye. Cette femme bourrue, incapable de livrer ses sentiments, en particulier ceux qu'elle a pour sa fille, retrouvera grâce à cette descente aux enfers son instinct protecteur de mère et surtout, elle apprendra à exprimer ce qu'elle ressent. 

Dans ce rôle, Nathalie Baye est parfaitement à l'aise. Mais ses acolytes, l'actrice Maïwenn (qui interprète Julie), Malik Zidi, qui joue son coéquipier attachant et déterminé ou encore Noémie Lovsky en spécialiste du Darknet se défendent aussi. Mention spéciale pour Valérie Donzelli en fille totalement paumée et dérangée.

De manière générale, la série n'est pas parfaite - la disparition de Julie notamment paraît trop soudaine pour être totalement crédible - mais sa force réside dans sa capacité à faire la lumière sur la noirceur qui se niche en chacun. Elle s'immisce dans les entrailles des personnages comme on descend dans les entrailles de la ville.