Série télé : "La Casa de papel", un braquage à l'espagnole

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La série de PPDE est une chronique de l'émission Les petits pas dans l'écran
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Chaque semaine, à 19h35, Clémence Olivier décortique les séries qui font l'actualité. Ce samedi : "La Casa de papel", disponible sur Netflix.

Ce devait être le braquage du siècle. Celui auquel personne n'avait pensé, celui qui devait rapporter gros sans faire couler une goutte de sang. La Casa de Papel, série espagnole rachetée par Netflix, met en scène le plan de génie d'un homme mystérieux surnommé "le professeur".

Son idée : infiltrer la "Casa de papel", la fabrique nationale de la monnaie espagnole à Madrid, pour faire imprimer 2,4 milliards d'euros en onze jours, tout en gérant des otages et sans tuer personne.

Pour y arriver "le professeur" a réuni une bande de malfrats : Tokyo, jeune braqueuse au look similaire à celui de Natalie Portman dans le film Léon avec coupe au carré, frange et collier tour de cou, Rio hacker de génie, Nairobi une pro dans l'art de la falsification, Berlin, un voleur manipulateur mais aussi des gros bras, Helsinki, Moscou, Oslo et Denver.

Un rythme effréné. Le spectateur suit presque en temps réel le braquage, la gestion des otages mais aussi les moyens que déploie la police pour tenter d'arrêter les criminels.  Seuls quelques flash-back offrent des petites pauses dans le récit et permettent de comprendre petit à petit qui sont les braqueurs et surtout qui est le mystérieux professeur à l'origine du vol.

Surtout, chaque épisode, d'une durée moyenne de 40 minutes, se termine sur une séquence forte, qui pousse à continuer le visionnage. Le spectateur est pris au piège, difficile alors de décrocher.

Beaucoup de défauts. Mais la série est pourtant loin d'être parfaite. Les incohérences dans le scénario sont nombreuses. Les braqueurs, qui se sont préparés pendant des semaines pour ce cambriolage de haut vol, accumulent ainsi les bourdes un peu grotesques, comme aller sur le toit pour "prendre l'air" en compagnie d'otages alors qu'un bataillon de forces de l'ordre les attend à l'extérieur. Aussi, la négociatrice, chargée de dialoguer avec le cerveau de l'opération, se fait berner un peu trop facilement.

Des personnages caricaturaux. Certains personnages tiennent même de la caricature.  C'est le cas du directeur de la fabrique de la monnaie, un peu trop zélé et du "professeur", aussi introverti qu'intelligent. Rien de très original.

Surtout, il manque un ton à La Casa de Papel. Le créateur a visiblement cherché à distiller des blagues, un humour à la Ocean's Eleven de Steven Soderbergh, référence dans le genre braquage souriant, sauf qu'ici on ne rit pas vraiment.

Une fiction espagnole qui sort du lot. Malgré tout, la série sort d'un lot de fictions espagnoles globalement ratées. On se souvient notamment d'Un dos tres, sitcom diffusée dans les années 2000 dans laquelle les acteurs jouaient aussi mal qu'ils dansaient bien.

La Casa de papel relève le niveau avec une intrigue plutôt bien menée et une réalisation agréable. Surtout, elle compte parmi les rares séries espagnoles à susciter autant de passion sur son territoire national qu'autre part dans la monde. Il suffit d'aller sur Twitter pour trouver un flot de commentaires enthousiastes, notamment en France.

Mais la vraie réussite du créateur est d'assumer l'identité espagnole de la série. Et il le fait grâce à un simple détail : les braqueurs se dissimulent derrière un masque, celui d'un célèbre peintre ibérique, un artiste à la moustache aussi fine qu'un billet de banque : Salvador Dalí!


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