Série télé : "American Crime : The Assassination of Gianni Versace" ou la folie destructrice d'un serial killer

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La série de PPDE est une chronique de l'émission Les petits pas dans l'écran
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Chaque semaine, à 19h35, Clémence Olivier décortique les séries qui font l'actualité. Ce samedi : "American Crime Story : The Assassination of Gianni Versace", diffusée dès le 29 mars sur Canal +.

Nouvelle saison, nouvelle affaire pour la série American Crime Story. Après une première salve d'épisodes consacrée au procès d'OJ Simpson, la série, diffusée à partir du 29 mars sur Canal +, s'intéresse cette fois à un autre fait divers qui a marqué les Etats-Unis : le meurtre de Gianni Versace, tué un matin de 1997 devant sa demeure luxueuse de Miami.

Le point de départ d'une saison qui sera finalement peu dédiée au couturier. Car la série qui s'inspire de rapports d'enquêtes et d'un livre "Vulgar Favors" , écrit par la journaliste Maureen Orth, s'intéresse davantage au parcours du tueur, Andrew Cunanan.

D'épisode en épisode, elle revient sur les différents meurtres (cinq au total) perpétrés par Cunanan mais surtout décortique peu à peu sa personnalité. Celle d'un homme intelligent et séduisant prêt à tout pour intégrer un monde fait de paillettes et d'argent auquel il n'appartient pas, quitte à mentir et même à tuer.

La série raconte une époque. En creux, la série raconte également une société dans laquelle le mot sida obsède tous les esprits. Car dans les années 1990, la maladie fait des ravages, notamment dans le milieu gay. C'est aussi une époque où il est difficile d'afficher clairement son homosexualité.

La série rappelle ainsi comment Gianni Versace a dû dissimuler pendant des années sa relation avec Antonio D'Amico (joué dans la série par Ricky Martin) et comment Donatella Versace, la soeur du Gianni, aurait tenté de dissuader le couturier de révéler publiquement cette relation. La jeune femme - campée par une Penelope Cruz peroxydée et irrésistible - aurait craint que le coming out de son frère nuise au business familial.

On découvre encore que l'une des victimes de Cunanan, Jeff, a dû quitter son poste d'officier de Marine à cause de son homosexualité.

Une saison un peu décevante. Si la série est réussie sur le plan esthétique - la réalisation est très travaillée avec une lumière jaunie qui lui donne un aspect vintage - et saura captiver les accros à l'émission Faites entrer l'accusé, elle risque de décevoir ceux qui espéraient en savoir plus sur l'enquête pour débusquer le meurtrier ou sur les conséquences d'un tel meurtre pour l'empire Versace.

Surtout, l'aspect sociétal aurait mérité d'être encore plus développé. C'était d'ailleurs l'un des points forts de la première saison consacrée à l'affaire OJ Simpson.