Assemblée nationale : pour faire des économies, Thierry Solère propose que les députés soient logés en coloc ou en Airbnb

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L'oeil du lab d'Europe 1 est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Chaque matin, Sylvain Chazot du Lab d'Europe 1 nous dévoile les coulisses de la politique.

Le bureau de L’Assemblée nationale examine aujourd’hui des mesures pour réduire le train de vie de la chambre basse et cela ne plaît pas à tout le monde.

Avec un budget de 550 millions d’euros par an, l’Assemblée nationale est l'institution publique la plus coûteuse, loin devant le Sénat et l'Élysée. Ça ne peut plus durer, les députés français sont donc invités à réduire leur train de vie.
L’objectif est clair : économiser 10 millions d’euros dès 2018 et 15 millions par an dès 2019. Des mesures ont déjà été prises comme la suppression, depuis le 1er octobre, de la gratuité des trains pour les anciens députés, ce qui doit permettre d’économiser tout de même 800.000 euros par an.

D’autres mesures doivent être présentées ce mercredi, notamment concernant le logement des députés.

Parce lorsqu’ils sont à Paris, les députés dorment à l’hôtel ou dans leur bureau-chambre à l’Assemblée et cela coûte cher. Le constructif Thierry Solère, l’un des trois questeurs de l’Assemblée, a donc une idée. Écoutez-le, c’était hier sur France 2.
J’irai dormir chez vous version parlementaire, voilà qui peut faire sourire. Mais figurez-vous que cette idée de loger les députés via AirBnb ne plaît pas à tout le monde. Sur Twitter, l’UDI Yannick Favennec dénonce "la démagogie" de Thierry Solère et suggère qu’on supprime "les appartements luxueux des questeurs".
L’insoumise Clémentine Autain, elle, parle même "d’antiparlementarisme". Quant à la députée LR du Doubs, Annie Genevard (également vice-présidente de l’Assemblée nationale), elle considère, sur LCP, que cela offre un visage "désolant" et "négatif" de l'institution.

Ça devrait déplaire également à Anne Hidalgo.

Exactement. Les relations entre la mairie de Paris et AirBnb sont houleuses. Selon l’adjoint au logement Ian Brossat, un quart des appartements des quatre premiers arrondissements ne logent pas des Parisiens et cela nuit au hôteliers évidemment, mais aussi aux locataires qui voient l’offre de logement diminuer.
La ville de Paris souhaite même réduire le nombre de nuitées autorisées par appartement chaque année. Aujourd’hui, c’est 120. Alors si les députés s’y mettent, ça risque de faire des étincelles.