Le mot du jour : rubicon

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La revue des éditos est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Chaque matin, Natacha Polony nous présente les différents éditos qui font la Une de la presse.

Le mot du jour : Rubicon

"Créer la surprise avec un événement attendu, c'est déjà une performance, salue Patrice Chabanet dans le Journal de la Haute Marne. Emmanuel Macron y est parvenu". Avec toutes les hypothèses, les petits calculs politiciens. Et qui ça gêne le plus ? Et que vont faire les électeurs du centre qui se déplaçaient sans conviction pour Alain Juppé ? Mais on voit surtout fleurir les métaphores. Festif chez Alain Dusart, dans l’Est Républicain : "En attendant un mouvement du sphinx élyséen, les électeurs de gauche qui n'auront pas été bourrer les urnes à droite, devront attendre la représentation du cirque d'hiver pour savoir si le président entre en piste. Après le numéro des éléphants patauds, on annonce un jeune premier fraîchement émoulu sur la piste aux étoiles. Attention, mesdames et messieurs, dans un instant ça va commencer ! Un monsieur pas très loyal, le banquier acrobate Emmanuel Macron va exécuter devant vous son numéro du trouble-fête...". Tragique, chez Laurent Bodin dans l’Alsace : "César après Brutus ! Emmanuel Macron franchit le Rubicon. Comme César faisant traverser ladite rivière Rubicon à ses troupes, en dépit de l’interdiction du Sénat, pour les envoyer vers Rome, mais aussi comme Brutus au moment de porter le coup de couteau fatal à son père adoptif, le même Jules César, l’ancien ministre de l’Économie n’a pas tremblé". Mais aussitôt, c’est une autre image qui s’impose : "La candidature d’Emmanuel Macron, poursuit Laurent Bodin, ressemble au pari fou qui pourrait pousser un plaisancier à prendre le départ du Vendée Globe. Certes, En marche revendique 100 000 sympathisants et fait souffler un léger air de renouveau dans la vie politique. Mais son fondateur, sans l’appui d’un parti, ni financement, semble aussi nu que le roi". Bref, Emmanuel Macron fait ce qu’il sait faire le mieux, susciter la verve des éditorialistes. Réveiller les commentateurs blasés. Les électeurs, c’est une autre histoire.

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