Le mot du jour : innocence

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La revue des éditos est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Chaque matin, Samuel Etienne nous présente les différents éditos qui font la Une de la presse.

Le mot du jour : Innocence

Plus précisément, la fin de l'innocence !

"Quelque chose a changé lundi soir en Europe", écrit ce matin Arnaud de La Grange, dans Le Figaro.
"Quelque chose a changé parce que la grande Allemagne se retrouve frappée comme jamais dans son histoire récente.
Jusqu'ici, les grandes menaces étaient l'apanage de la France surtout. Elle payait d'être en pointe dans son combat contre les islamistes, son passé colonial aussi, sa laïcité mal comprise encore.
L'Allemagne n'a rien de ces traits-là. Pour elle, le 19 décembre marque la fin de l'innocence".
La fin de l'innocence, dit Le Figaro.

Il est temps aussi de mettre fin "au temps de l'insouciance".

C'est le chef d'État-major de l'armée française, Pierre de Villiers, qui le dit ce matin en Une des Échos.
Prise de position rare de la part d'un aussi haut gradé ! On ne parle pas de l'armée comme de la "Grande muette" pour rien !
Que dit-il ?
Qu'on ne gagne pas une guerre sans effort de guerre. Face aux nouvelles menaces, il faut accomplir un nouvel effort pour nos armées : et il le chiffre, 2% du PIB, du Produit intérieur brut de notre pays consacré à l'armée, contre 1,7% aujourd'hui.
"Le prix de la paix c'est l'effort de guerre" affirme avec force Pierre de Villiers dans cette tribune d'une page...
On se rappelle l'adage latin : "si vis pacem, para bellum", si tu veux la paix, prépare la guerre.

Revenons à l'insouciance.

Avec Mathieu Madénian, le comédien, l'humoriste, et son billet ce matin à propos d'Alep.
Il a cherché les mots pour parler de la tragédie d'Alep, en Syrie, et il ne les a pas trouvés.
Et puis sa maman l'a appelé : Mathieu, tu descends quand à Perpignan ? Tu sais, ta grand-mère a 85 ans, elle est très fatiguée, tu ne la vois pas souvent".
Et bien voilà, écrit Madénian, "Alep, c'est un peu comme cette grand-mère que nous avons tous. On sait qu'elle va mourir. On a un peu mauvaise conscience, mais on a des trucs à faire. On pleurera un peu quand elle va partir, c'est sûr. Et on se dira qu'on aurait dû y aller plus tôt.