Le mot du jour : hagiographitude

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La revue des éditos est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque matin, Natacha Polony nous présente les différents éditos qui font la Une de la presse.

Le mot du jour : hagiographitude

"Am, stram, gram… ironise Denis Daumin dans la Nouvelle République comme pour rappeler que ça ne se bousculait pas pour l’éloge funèbre du dictateur. On avait expédié Ségolène Royal à Cuba pour représenter la France, ce qui n’était déjà pas si mal pour celle qui avait prétendu l’incarner voici quelques années". "Le passé du révolutionnaire méritait un signe de reconnaissance de la part d’un exécutif de gauche, précise Matthieu Verrier dans la Voix du Nord, mais le passif du président cubain interdisait la présence d’une personnalité de tout premier rang". Résultat, nous dit Yann Marec dans le Midi Libre : "Après la bravitude sur la muraille de Chine, voilà l’hagiographitude au pays des cigares. Deux modèles d’extrême démocratie comme tout le monde sait". Car, comme l’écrit Matthieu Verrier, "Les propos de la ministre de l’Environnement viennent définitivement ranger la représentation française dans l’inapproprié". "Déjà, en 2007, rappelle Yves Thréard dans le Figaro, celle qui était, à l’époque, candidate à la présidentielle avait salué la "rapidité de la justice chinoise". Avec une telle spontanéité, qu’on avait pu un instant imaginer que ce fut de l’humour noir". Bien sûr, on n’est pas obligé de partager l’indignation absolue et un peu hémiplégique. On peut aussi rappeler la brutalité de l’impérialisme américain, soutien des pires dictateurs, qui a conduit Cuba à basculer dans cette révolution qui devait mal tourner. Mais ce n’est pas ça qu’a fait Ségolène Royal en célébrant un "monument de l’Histoire". Or, "elle représente la France, rappelle Matthieu Verrier. Ce costume oblige à ne pas verser dans un romantisme vieilli et usé". Dans l’Est Républicain, Alain Dusart prononce un autre éloge funèbre : celui de Marcel Gottlib. "Ses héritiers peuvent se consoler en constatant qu'une fois passée la grande faucheuse, il reste toujours de précieuses ridicules pour leur donner matière à tourner ce bas monde en dérision".