Le harki est un symbole

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La revue des éditos est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Chaque matin, Natacha Polony nous présente les différents éditos qui font la Une de la presse.

"Le harki est un symbole, rappelle Matthieu Verrier dans la Voix du Nord. Dans le déchirement de deux peuples n’ayant pas réussi à faire une Nation, le harki, malgré son ascendance, choisit la France. Pour ce qu’elle a de plus grand, veut-on croire. Il y trouvera ce qu’elle a de plus petit. Les cérémonies servent tout autant à battre la coulpe d’une République ingrate qu’à célébrer des hommes, français jusqu’au déracinement".

Mais on ne bat pas cette coulpe à n’importe quel moment, et c’est ce qui limite l’enthousiasme des commentateurs. On cherche la noblesse d’âme, les convictions. "Depuis l’instauration de la journée nationale d’hommage aux harkis en 2003, remarque Dominique Garraud dans la Charente Libre, la reconnaissance de la "dette de la France" aux harkis fait consensus. Mais jamais jusqu’à hier, le chef de l’État et une brochette de prétendants à lui succéder n’avaient jugé utile d’honorer la cérémonie annuelle ordinairement présidée par le secrétaire d’État aux Anciens Combattants".

"Quels veinards, ces harkis, raille Bruno Bécard dans la Nouvelle République, du moins les survivants depuis cinquante ans. Sortis par effraction des camps inhumains, installés peu à peu sur le sol national et dans les usines d’automobiles, les voici bénéficiaires de la phrase définitive d’un président en campagne qui reconnaît la responsabilité de la France." Il y eut Nicolas Sarkozy une semaine avant le premier tour de 2012.

Et puis, François Hollande, qui se souvient, quatre ans après, d’une promesse de campagne. Aucun "salutaire devoir de mémoire » pour Dominique Garraud, mais l’empressement pour "un réservoir de voix potentielles non négligeables". "Les surenchères sur les "réparations" à leur accorder ne vont pas manquer de se multiplier jusqu’à la prochaine présidentielle. Avant de retomber dans l’oubli". Preuve que ce pays du mal à s’aimer : choisir la France jusqu’au sacrifice ultime, ça vaut au mieux de finir comme paillasson électoral.