François Hollande, entre humiliation et dignité

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La revue des éditos est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Chaque matin, Natacha Polony nous présente les différents éditos qui font la Une de la presse.

Est-ce une hésitation, peut-être un peu de gêne devant l’émotion palpable de cet homme, hier, annonçant qu’il renonce ? Les éditorialistes semblent avoir du mal à choisir. Faut-il saluer ? Estimer que c’était bien le minimum ? "Il a préféré l'humiliation choisie, celle du renoncement, à l'humiliation subie, celle d'être battu, résume Michel Urvoy dans Ouest France. Le renoncement dans la dignité, au fond, le dernier acte qui pouvait encore le grandir."  "François Hollande est entré d'une voix habitée dans l'Histoire, constate Alain Dusart dans l’Est Républicain. Hollande le manoeuvrier, l'indécis, le champion de la synthèse et des combinaisons politiques, a réussi sa sortie." Jean-Marcel Bouguereau, dans la République des Pyrénées, se hasarde même à prédire nos regrets : "nul doute qu'après le Hollande-Bashing viendra le temps du Hollande-blues, devant ce président sincère qui, la voix blanche et le regard triste, s'est envoyé lui même à la retraite avant que les électeurs ne le fassent." Bruno Dive également tente la réhabilitation dans Sud Ouest : "Dans un, cinq ou dix ans, le bilan de François Hollande sera revu à la hausse. On s'apercevra que ce personnage aujourd'hui voué aux gémonies ne méritait pas ces indignités... En attendant, c'est pour avoir trop parlé qu'il ne peut plus agir. Et c'est à force d'introspection qu'il a pris la plus sage des décisions." Mais dans l’Est Eclair, Jean-François Laville trouve que le plaidoyer pro domo qui précédait l’annonce était tout de même un peu exagéré : "le bilan qu'il a dressé pouvait tout naturellement conduire à une nouvelle candidature." Une manière de préparer le rassemblement de son camp et la candidature de Manuel Valls ? "Ce scénario-là ne va pas être facile à écrire, juge Bernard Maillard dans le Républicain Lorrain. Il n'est pas dit que ceux qui ont participé à l'hasardeuse croisière du pédalo seront les mieux placés pour retrouver un cap."

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