Elections américaines : le danger de la thèse complotiste de Trump

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La revue des éditos est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Chaque matin, Natacha Polony nous présente les différents éditos qui font la Une de la presse.

Le mot du jour : bullshit

"C’est agaçant à la fin ces chiffres qui s’obstinent chaque jour davantage", raille Denis Daumin dans La Nouvelle République. "Hillary Clinton confirme son avance… "Bullshit", balivernes, billevesées et foutaises. Trump a tranché : ce sont les médias qui dès l’origine ont construit cette hypothèse." Sauf que tout cela ne fait rire personne.

"La dernière saillie de Donald Trump n'est pas à prendre comme un vulgaire trait d'humour – douteux", s’insurge Jean-Claude Souléry dans La Dépêche du Midi. C'est d'abord instiller le doute sur la sincérité d'une élection dans un pays où la moitié de la population ne vote pas. C'est, du même coup, semer le désarroi parmi ces Américains qui seraient prêts à crier au complot. C'est surtout suspecter clairement la démocratie en tant que régime politique."

Alors bien sûr, cette démocratie américaine n’est pas reluisante et la probable victoire d’Hillary Clinton n’y changera rien. "Nul besoin de sondage pour d'ores et déjà désigner la grande perdante de l'élection", constate Arnaud de la Grange dans Le Figaro : la dignité démocratique de l'Amérique. Au pays de Thomas Jefferson, jamais campagne n'avait offert si pitoyable spectacle. Que le choix du président aux douze porte-avions soit lié à tant de puériles bassesses laisse pantois."

Mais la dernières sortie provocatrice de Donald Trump ne fait que répondre à la méfiance croissante de son électorat de classe moyenne pour une oligarchie qui a peu à peu confisqué à son profit les mécanismes du système démocratique. "Si la règle veut que les modes traversent l’Atlantique avec un léger différé, les campagnes qui viennent ne s’annoncent pas porteuses. Après Thomas Jefferson, le général de Gaulle pourrait un jour se retourner dans sa tombe", nous dit Arnaud de la Grange. En fait, c’est parce qu’il se retourne depuis longtemps dans sa tombe que nous en sommes là.