Colonisation israélienne : une résolution qui laisse perplexe

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La revue des éditos est une chronique de l'émission Europe matin
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Les éditorialistes restent sceptiques sur l'utilité de la résolution condamnant la colonisation israélienne votée par l'ONU en fin de semaine dernière.

Le mot du jour c’est "Israël" parce que vos éditorialistes, un peu partout en France, restent très partagés sur l’utilité de cette résolution de l’ONU votée à la veille de Noel, en fin de semaine dernière donc, et qui condamne la poursuite de la colonisation israéliennes dans les territoires palestiniens. Un vote rendu possible par le "Non-veto des Etats-Unis" qui est historique. "L’intransigeant Netanyahou et son partenaire nationaliste auront beau s’époumoner, rappeler leurs ambassadeurs et feindre l’indignation, ils ne pourront plus faire comme si le monde ne les regardait pas", écrit Bruno Dive dans Sud-Ouest. "L’ennui, c’est que le pouvoir change de mains dans trois semaines à Washington et que Donald Trump, pour peu que l’on puisse décrypter ce que sera sa politique étrangère, se montrera beaucoup plus bienveillant envers la coalition nationaliste que Barack Obama", poursuit Bruno Dive.

Plus encore que les critiques de Netanyahou, ce sont les "outrances" de son ministre de la défense, Avigdor Lieberman qui font réagir. "Outrance", c’est le titre de l’édito de l’Alsace qui cite Talleyrand : "tout ce qui est excessif est insignifiant". Yolande Baldweck écrit "Le va-t-en guerre populiste ne vient-il pas de comparer la conférence de la paix, qui se tiendra le 15 janvier à Paris à l'initiative de la France, au procès Dreyfus, avec Israël et le peuple juif sur le banc des accusés" ? Le vote par la France de la résolution de l'ONU a sans doute aussi irrité Netanyahu. Mais, poursuit l’éditorialiste, la comparaison avec le procès de sinistre mémoire est méprisable, d'autant que Lieberman, pour faire bonne mesure, a invité ses coreligionnaires français à quitter notre pays pour s'installer en Israël".

Dans Libération, Alexandra Schwartzbrod estime que "ces excès décrédibilisent l'homme et le pays, tout comme ils banalisent la notion même d'antisémitisme. Et de souligner que le journal israélien Haaretz, dans son propre éditorial, estime que "la bouderie de Netanyahou coupant les ponts avec le reste du monde a tout de l'entreprise d'autodestruction".

Notre consœur de Libération juge malvenue les critiques du chef du gouvernement israélien qui accuse l'administration américaine de profiter de cet entre-deux aux Etats-Unis séparant l'élection d'un président et sa prise de fonction. C’est presque un classique de ces périodes de transition américaine. Et l’éditorialiste de rappeler que fin 2008, le gouvernement israélien, lui-même, en avait profité pour prolonger l'opération "Plomb durci" sur Gaza (lancée pour répondre à des attaques de roquettes palestiniennes) qui s'était interrompue deux jours avant l'arrivée d'Obama au pouvoir !" Le drame, se désole Alexandra Schwartzbrod, c'est que la furie du gouvernement Netanyahou fait surtout un mal fou à Israël.

Ce qui fait dire à Jean-François Laville dans l’Est éclair, qu’Israël pourrait se retrouver "Pris au piège ?" Le rendez-vous du 15 janvier à Paris, sans Israël ni les palestiniens pourrait être l’occasion pour John Kerry de proposer la création officielle de deux Etats, l’un juif, l’autre palestinien. Et "si les Palestiniens acceptaient de reconnaître l’Etat juif (…) Israël serait bel et bien placé dos au mûr".

Chronique réalisée par Bérengère Bonte.