Cessez-le-feu en Syrie : les éditos entre ironie, espoir et bonne nouvelle

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La revue des éditos est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Chaque matin, David Abiker nous présente les différents éditos qui font la Une de la presse.

Le mot du jour : "cessez-le-feu". 

Cessez-le-feu en Syrie d'abord, entré en vigueur dans la nuit de jeudi à vendredi dans le cadre d’un accord entre Damas et la rébellion, explique Guillaume Goubert dans La Croix ce matin. Un  cessez le feu qui pourrait avoir des chances de durer car il a été négocié par de puissants parrains : côté syrien la Russie et l’Iran, côté rebelles, la Turquie.

Poutine et Erdogan transfigurés en colombes de la paix, ironise Xavier Brouet dans le Républicain Lorrain, au seuil de la nouvelle année, on rêverait carte de vœux plus engageante.

Pour Denis Daumin dans la Nouvelle République du Centre Ouest, c’est un immense succès diplomatique pour Poutine et Erdogan d’autant qu’il se scelle sur le dos d’un grand absent, l’Amérique.

Après des années de combat sanglant ce cessez-le-feu est bien sûr une bonne nouvelle selon Bruno Dive de Sud Ouest mais il ne concerne pas les organisations djihadistes et surtout pas l’Etat islamique ce qui laisse espérer que la Russie va enfin porter le combat contre l’EI. Un impressionnant retournement de situation dans les rapports de force au proche orient où les Américains et les Européens sont comme sortis du jeu, un Vladimir Poutine qui tient sa revanche et la "real politik" qui l’emporte logiquement. N’en déplaise à certains, explique Jean-Dominique Merchet dans l’Opinion, Vladimir Poutine est sans doute le seul à pouvoir faire taire, peut-être, les armes en Syrie en 2017.

Et puis, un autre cessez le feu. Qui n’a rien à voir avec la guerre, qui est symbolique et qui met fin à l’usage d’une arme de représailles plus ou moins massives à savoir la fessée que le parlement vient d’interdire. Qui aime bien ne châtie plus explique Jean-Marie Pontali dans le Parisien Aujourd’hui en France. La fessée est un aveu d’impuissance même si elle a calmé quelques générations de garnements en culotte courtes, quant à la gifle elle appartient à ces autres violences éducatives qui n’ont strictement aucune vertu pédagogique mais qui érigent la violence en modèle de fonctionnement.