Baisse du chômage : "trop peu, trop tard"

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La revue des éditos est une chronique de l'émission Europe matin
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Après la publication des bons chiffres du chômage lundi, les éditorialistes s'interrogent sur les personnalités politiques qui pourraient en profiter.

Le mot du jour : "trop peu, trop tard". C’est le titre de l’édito de l’Opinion. "La baisse du chômage, ne chipotons pas, est une bonne nouvelle", écrit ce matin Olivier Auguste, mais c’est "trop peu et trop tard". Selon lui, pour la suite, il va falloir : "amplifier la politique de l'offre qui porte ses premiers fruits, ET oser enfin une vraie réforme du droit du travail". "Trop peu, trop tard", même titre pour la Charente Libre et Jean-Louis Hervois qui se demande s'il faut "s'en remettre maintenant au remède de cheval du docteur Fillon ou à l'entreprise de démolition de Marine Le Pen". Le plus efficace serait plutôt un "peu de constance dans les politiques mises en œuvre" même si "celui qui en est à l'origine (le président Hollande) est aujourd'hui disqualifié".

Dans Le Figaro, Jacques-Olivier Martin plaide franchement, lui, pour le remède de cheval: "rangez guirlandes et cotillons : il faut tourner la page des mini-lois et des fausses promesses… : flexibiliser réellement le droit du travail, et tout baisser massivement : dépense publique, charges et impôts". Finalement, ils sont assez peu nombreux comme Etienne Lefebvre dans les Echos à rendre grâce à François Hollande d’avoir "montré une voie à suivre pour son successeur à l’Elysée" une politique de l’offre et de soutien à la compétitivité de l’économie. Pour autant, l’éditorialiste du quotidien économique estime, lui aussi, que le chef de l’Etat a commis trop d’erreurs pour afficher des résultats plus rapides.

Reste la question : François Hollande hors-jeu, à qui cette baisse peut-elle profiter ? Au premier ministre pour Yann Marec dans Le Midi Libre : "Qui mieux que Manuel Valls peut se saisir de ce moment pour en faire un argument de campagne à moins de quatre semaines de la primaire ?". "Valls !" également pour Pascal Coquis dans les Dernières Nouvelles d’Alsace "les bonnes nouvelles ne sont pas si fréquentes". Bruno Dive dans Sud-Ouest souligne toutefois que "Depuis qu'il est candidat, l'ancien Premier ministre prend un malin plaisir à se démarquer du président sortant sauf, précisément, sur les questions économiques et sociales".

A moins, à moins, que tout ça ne profite finalement… à Hollande lui-même ! Patrice Chabanet dans le journal de la Haute Marne qui salue "cette passe de trois" et imagine déjà 6 mois ou 7 mois de recul consécutif du chômage et qu’au printemps, "de surcroît si la primaire de la gauche se termine en fiasco avec une faible participation; la tentation soit grande pour le chef de l'Etat, de revenir dans le jeu. L'homme est assez roué pour déjouer des scénarios écrits à l'avance. A tout le moins, il pourrait se sentir autorisé à entrer dans le débat, ne serait-ce que pour défendre son bilan. Et Patrice Chabanet de conclure : Tout est possible !".

C’est le titre de l’édito de l’Opinion. "La baisse du chômage, ne chipotons pas, est une bonne nouvelle", écrit ce matin Olivier Auguste… mais c’est « trop peu et trop tard »… Selon lui, pour la suite, il va falloir :  « amplifier la politique de l'offre qui porte ses premiers fruits, ET oser enfin une vraie réforme du droit du travail. »

Chronique réalisée par Bérengère Bonte.

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