Asltom : il y a des discours et il y a des faits !

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La revue des éditos est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque matin, Natacha Polony nous présente les différents éditos qui font la Une de la presse.

Il y a les discours, et il y a les faits. Bien sûr, Le Figaro consacre son éditorial au Made in France, que redécouvrent certains candidats. "Französische Qualität", raille Gaëtan de Capèle, qui n’y voit que la recherche de repères identitaires. Prôner le made in France, c’est rêver "d’ériger des barricades aux frontières". "Qui s’imagine, contre toute évidence, que les consommateurs attachent davantage d’importance à l’étiquette qu’au prix ?" Et puis, notre pays ne propose que "l’enfer fiscal et réglementaire".

Mais d’autres comprennent que ce qui se joue du côté de Belfort ne relève pas de la mécanique du marché mais de choix politiques. "Quelques jours après l’annonce d’un contrat historique pour la fourniture de TGV aux États-Unis, écrit Laurent Bodin dans l’Alsace, la fermeture du site historique de Belfort par Alstom met en exergue l’impuissance de l’Europe en général et tout particulièrement de la France à user d’un patriotisme économique qui est l’exception chez nous quand il est un réflexe aux États-Unis et en Chine mais aussi en Allemagne". "En mars 2015, rappelle Philippe Marcacci dans le Républicain Lorrain, Emmanuel Macron avait pourtant rassuré une délégation d’élus locaux. Le ministre de l’Économie avait avancé tout faire pour éviter un plan social chez Alstom transport. L’État devait faire pression pour garnir un carnet de commandes qui n’a fait que se dégarnir, au moment où l’entreprise vole de succès en succès à l’export. Aujourd’hui, il ne reste plus grand-chose de ces promesses. "Rien qu’un site abandonné en rase campagne". La fatalité ? Le manque de compétitivité ? Philippe Marcacci parle de la course au profit, qui laisse de côté usagers et salariés. Les 400 emplois qui disparaîtront à Belfort, ce sont autant de chômeurs ou de pré-retraites à financer, autant de charges en plus que chaque Français, chaque entreprise française devra payer. Les consommateurs dont parle Gaëtan de Capèle sont aussi des citoyens et des contribuables. Il suffit de le leur rappeler.