Un garde du corps, c'est la nouvelle rolex

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La revue de presse est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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La demande de protection rapprochée a explosé. Parfois mal formés, ces gardes du corps sont avant tout un accessoire à la mode pour se distinguer.

Ce matin en Une de vos journaux on franchit le "Channel." Nos voisins anglais votent pour le maire de leur capitale.

- Libération : Londres : changement capital.

Et le referendum est pour bientôt.

- Le Point : Brexit, tragédie ou bénédiction ?

L’Europe sans les Anglais. L’Angleterre s’éloigne, la Turquie se rapproche.

- Le Figaro : Visas : l’Europe cède aux exigences de la Turquie.

Trump

Il va falloir s’habituer à sa mèche jaune. "Il y a quelques mois, note Michel Klekowicki dans le Républicain Lorrain, de nombreux analystes politiques américains pensaient que le brushing de Donald Trump s'écraserait contre le fameux "plafond de verre", cette barrière électorale censée bloquer l'envolée des camelots populistes de tout poil."

Mais le plafond de verre a explosé.

Libération consacre Trump maillot jaune. Cela nous avait échappé en France mais Donald Trump, en 1989, avait lancé une course cycliste censée concurrencer le Tour de France et baptisée "le Tour de Trump". Pas franchement un succès : le truc du milliardaire, c’est plutôt la boxe. Le tour en question a tenu deux ans avec un cafouillage dès la première année : le cycliste belge qui courrait en tête est orienté dans une mauvaise direction par un motard qui roulait devant lui et c’est, quelle bonne nouvelle, un cycliste d’une équipe américaine qui remporte la course. Malgré tout cela, les commentateurs ne se risquent plus à prédire une élection dans un fauteuil pour Hillary Clinton. Libération note les attaques de Trump qui se fait un plaisir de rappeler la signature par Bill Clinton du traité de libre-échange avec le Canada et le Mexique en 1994, à l’origine d’un chômage de masse chez les mineurs. Dans la Charente Libre, Jean-Louis Hervois s’interroge : "Comment la femme d'un ex-président, prototype même du personnel politique américain des 30 dernières années, pourrait porter la rénovation d'un système politique que l'émergence de Trump condamne?"

 

Colère d’un général

En France aussi, le ton monte. Qui aurait imaginé voir un jour en Une du Monde une tribune signée d’un général et intitulée « Non, les militaires n’ont pas à la fermer ». Le Général Desportes répond à une réflexion lancée par Alain Juppé à propos de l’éviction du Général Soubelet, accusé de s’être montré trop virulent sur l’état du système de sécurité français devant une commission parlementaire. "Un militaire, c’est comme un ministre : ça ferme sa gueule ou ça s’en va." "La première loyauté d’un ministre au service d’une politique fluctuante, souvent politicienne, répond le Général Desportes, est envers son Président. La première loyauté d’un militaire au service permanent de la Nation, de ses intérêts et de ses valeurs, est envers la France." Il rappelle les injonctions au silence avant 1870 ou 1940. "Quand les militaires se cantonnent à leur technicité, ils perdent le goût de la pensée, et les meilleurs, ceux dont la France aura besoin aux heures sombres, les Foch, De Gaulle, Leclerc, ne sont plus attirés par une profession où ils ne pourront plus faire grandir le meilleur d’eux-mêmes."

La grande muette a décidé de ne plus souffrir en silence.

 

Ligne à Grande Vitesse

Décidément, on interpelle Alain Juppé en ce moment. Dans Le Chasseur Français, c’est une enquête autour de la LGV Bordeaux-Bayonne plébiscitée par le Maire de Bordeaux, le président socialiste de la région Aquitaine et le ministre des transports malgré un avis défavorable de la commission chargée d’examiner le projet. Trop cher, pour un gain de temps dérisoire alors qu’il suffirait de rénover l’ancienne ligne. Mais une simple rénovation priverait le BTP de quelques gros ouvrages. Plus grave, le tracé de la ligne menace un écosystème exceptionnel, celui qui permet l’existence des vins de Sauternes. 

Mais que valent les consultations démocratiques et ce chef d’œuvre qu’est le Sauternes face à de beaux viaducs en béton incarnant le progrès ?

 

Football et fumée

Visiblement en Ligue 1, on ne boit pas de Sauternes, on a trouvé autre chose. L’Equipe lance l’alerte contre une nouvelle mode qui s’impose chez les joueurs de foot : la chicha. Autrement appelée narguilé, cette pipe à eau était apparue lors de la fameuse séance périscope de Serge Aurier. Or, les substances fumées peuvent se révéler extrêmement toxiques et même relever du dopage.

Seule solution : des clauses anti-chicha dans les contrats des joueurs.

 

Protection des VIP

Le supplément O de l’Obs nous décrit une mode plus édifiante que la chicha : depuis les attentats, n’importe quel VIP ami du pouvoir réclame son escorte, explique un spécialiste, n’importe quel people qui a un peu ouvert sa gueule à la télé et qui veut montrer qu’il est subversif, demande une protection. Le policier responsable de la protection d'Arno Klarsfeld raconte : "On est, à ce stade, dans la mission de complaisance totale. Il nous appelle quand il a envie d’aller jouer au tennis. Voilà… tu es un service Uber." Du coup, pour Cannes, la demande explose. Et l’on embauche à la pelle des bodyguards pas toujours formés. Le genre à tenter de faire des selfies avec Kendal Jenner quand il accompagne son VIP dans une soirée privée, à faire un tour au bar et déballer le programme de son VIP à la première venue.

Bref, pour certains people, résume un agent, l’officier de sécurité a remplacé la Rolex, c’est l’accessoire à la mode.

 

Le Brexit nous rappelle que les Anglais sont nos meilleurs ennemis. Dans le dossier que Le Point leur consacre, il faut lire le texte de Marc Lambron en forme d’aveu : "Oui, nous jalousons les Anglais". Un éloge du flegme, de l’humour d’un peuple qui dit de lui-même, comme Georges Bernard Shaw : "En dehors du jeu et de la cigarette, il est étonnant de voir que les plaisirs d’un Anglais peuvent être, et sont généralement, partagés par son chien." Et quand De Gaulle se moque un peu du vêtement clinquant de Churchill en lui demandant : "Il y a encore un carnaval à Londres ?", celui-ci rétorque, et en français : "Tout le monde ne peut pas s’habiller comme le soldat inconnu." Avec ou sans l’Europe, ce qui sauvera les relations franco-britannique, c’est le bel esprit. Mais il est dans le même état que l’armée française.