Terrorisme : la menace est permanente et universelle

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La revue de presse est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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La presse quotidienne revient ce vendredi sur l'influence de l'attaque des Champs-Élysées sur le vote des électeurs.

Ce matin en Une de vos journaux les lumières des gyrophares sur les Champs-Élysées.
La Voix du Nord, Sud Ouest, La Dépêche du Midi évoquent la fusillade mortelle.
Le Figaro : le terrorisme frappe à nouveau en plein Paris.

Mais à deux jours du scrutin, l’élection est partout :
Le Monde : la fin de campagne confirme la défiance des électeurs envers les candidats.
Libération imagine les recompositions chez les vaincus : ils ont tout à perdre et plus encore.
L’Opinion analyse les motivations multiples : je vote utile, tu votes futile, il vote subtil…

Attentat

"Il est imprudent d’affirmer que cette attaque influencera l’électeur de façon déterminante, écrit Jean-Claude Souléry dans la Dépêche du Midi, mais elle va forcément laisser une trace inconsciente dans les isoloirs". Dans Aujourd’hui en France, Jean-Marie Montali rend hommage à ces policiers devenus des cibles. "Comme les militaires. Comme les curés. Comme les juifs. Comme les dessinateurs, les journalistes, les démocrates, les amateurs de musique, les enfants sur la promenade des Anglais, les femmes aux terrasses et les jeunes au concert. En réalité, la menace est permanente, universelle". Dans le Figaro, l’avocat Thibaud de Montbrial se demande pourquoi les sujets sécuritaires ont été absents de la campagne. "Ce silence assourdissant ne peut s’expliquer que par une sorte d’espérance incantatoire, idéologique ou même inconsciente que le fait de ne pas évoquer ces réalités les feraient disparaître. Si les candidats ont intégré la question terroriste dans leur programme, tous ne semblent pas avoir perçu son ampleur, qui résulte du constat que nous ne sommes pas tant menacés par des organisations étrangères que par des citoyens français qui nous haïssent et sont susceptibles d’attaquer sans même être directement commandités depuis l’étranger".

Entrainement des policiers

Aujourd’hui en France nous raconte que les stands de tirs réservés à l’entraînement des policiers d’Ile de France sont tous fermés. Sans aucune date de réouverture. En cause : l’interruption du nettoyage des locaux par une société prestataire. Des taux de contaminations au plomb supérieurs à la normale auraient été décelés sur trois salariés. La médecine du travail a alerté l’inspection du travail. Pas de ménage, donc des concentrations de poudre et des risques d’incendie. Coïncidence malheureuse.

Fin de campagne

Isoloir est le mot du jour. Parce-que c’est là qu’une partie des électeurs va se décider. Dans les Échos, le philosophe Roger-Pol Droit rappelle qu’il fut imposé en France en 1913. Plus qu’une garantie de secret, il incarne une certaine conception de la conscience et de la délibération. Une mise en scène de ce que Marc Aurèle appelait la forteresse de l’âme. Et le développement des selfies d’isoloir suggère que ce règne de la conscience autonome est désormais entamé.

Anniversaire

Il y a 500 ans tout juste, l’Europe était ébranlée. Le Monde nous rappelle l’anniversaire de la publication des 95 thèses de Martin Luther au sujet de la vertu des indulgences. Un camouflet pour le Pape Léon X qui comptait sur ces remises de peines pour le purgatoire facturées aux croyants pour financer la basilique Saint Pierre. Le début d’un ébranlement sans précédent du monde chrétien. Et le point de départ des guerres les plus atroces qu’a pu connaître l’Europe. La France n’a pourtant qu’une vision partielle de l’œuvre de Luther puisque certains de ses écrits, violemment antisémites, n’ont été traduits en français qu’en 2015.

Statistiques et littérature

C’est aussi dans le Monde des livres qu’on trouve recension d’un travail étonnant. Une étude des tics de langage des grands auteurs anglo saxon. Nabokov amoureux de l’épithète mauve. Hemingway chez qui le cognac coule à flots. Dan Brown, l’auteur du Da Vinci Code, qui abuse de l’adverbe soudain. Et puis, il y a les clichés, les expressions toutes faites. Jane Austen est celle qui en use le moins. Salman Rushdie, un de ceux qui les utlise le plus. La palme revient à James Patterson dont l’expression préférée est "les mots me manquent".

Quand les mots manquent, on peut utiliser ceux des autres. Le magazine Stylist  répond très sérieusement aux questions posées par les chansons : Françoise Hardy : comment te dire adieu ? En amour, au travail… Beyoncé : What ‘s worse ? Looking jealous or crazy ? Réponse de Barthes dans les Fragments d’un discours amoureux. Judy Garland: if happy little bluebirds fly beyond the rainbow, why, oh why can’t I ? Parce que l’arc en ciel est un phénomène optique. Franck Zappa : Why does it hurt when I pee ? Et moi, comme les Clash, je vous demande: Should I stay or should I go?