Sérénité, optimisme et espoir dans la presse du 1er septembre

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Marion Lagardère scrute la presse papier et décrypte l'actualité.

Dans la presse ce matin, la confiance, le bonheur et l’espoir…

Il faut croire qu’Emmanuel Macron a été entendu. Ce vendredi, pas "d’esprit chagrins", vos journaux sont optimistes et cette séquence "ordonnances" est réussie. "On les imaginait surgir dans une immense déflagration, or", résume Yves Harté dans Sud-Ouest, "ce n’est pas du tout ce qui s’est produit". "Pierre Gattaz est serein et la CGPME affiche le sourire des jours heureux", ajoute Patrice Moyon dans Ouest-France. Dans l’Opinion, Nicolas Beytout salue "des réactions syndicales pour la plupart mesurées". "Et même si la CFDT et FO se méfient, Matthieu Verrier dans la Voix du Nord souligne que "ces deux syndicats n’entendent pas mettre de bâtons dans les roues de Muriel Pénicaud".

Sérénité, optimisme…

Nombre de vos journaux font le point sur "ce que la réforme change pour vous". Le Parisien détaille sept points positifs pour les entreprises, trois pour les salariés. Sur la page d’à côté, on donne la parole au petit patron : "j’aime l’esprit de cette réforme. On sort enfin de Zola, ses mines et ses ouvriers illettrés !" Le petit patron qui dit tout de même regretter l’augmentation des indemnités de licenciement : ça coûte trop cher et ça ne va pas empêcher les licenciements. Bon… le PDG casse l’ambiance…

Les Echos insistent pourtant sur "le choc de confiance à venir pour l’acte d’embauche". "Longtemps victimes, les chefs d’entreprises se voient enfin donné raison", écrit Jean-Francis Pécresse, "le code du travail était l’une des principales barrières à l’emploi, elle est en passe de tomber". 

Dithyrambiques Les Echos, qui dans la catégorie "optimisme" nous apprennent aussi qu’en parallèle, "la crise est bien finie" : et pour cause, "le premier semestre a été faste pour les entreprises du CAC 40 (…) les champions de la bourse de Paris ont dégagé plus de 50 milliards d’euros de profit sur un seul semestre, autrement dit autant que sur toute l’année 2013". Conclusion : "les profits record de 2007, 96 milliards d’euros, ne paraissent plus inatteignables".

Optimisme donc, même si tout le monde n’est pas de cet avis….

Comme Laurent Joffrin dans Libération : "Le nouveau monde macronien aura donc pour effet de faciliter les délocalisations en réduisant le périmètre d’appréciation des difficultés de l’entreprise au seul territoire national. Étrange modernité… qui consiste à faire droit aux revendications les plus éculées, du Medef". Libération dont la photo de Une présente un Macron tout sourire, serrant la main de Pierre Gattaz sous le titre "merci Macron". Etat d’esprit partagé par l’Humanité pour qui "les salariés ont tout à perdre" : "le code du travail n’a de sens que s’il sert à les protéger de la position dominante de l’employeur, or la ministre fait table rase des fondements de plus d’un siècle d’histoire sociale".

C’est qu’il y a "table rase" et "table rase". Alors face à ça, que faire ? Organiser la contestation sociale dans la rue, répond l’Huma, qui rappelle qu’en 1996, Juppé a bien renoncé au volet sur les retraites publiques, et que le CPE a lui aussi été abandonné par Villepin en 2006. "Preuve qu’une loi scélérate peut être abrogée, à condition que les mouvements sociaux remportent le bras de fer, c’est tout l’enjeu des mobilisations à venir". 

Espoir et optimisme, c’est aussi le credo du pape François qui fait sa rentrée avec un livre intitulé "Politique et société"

C’est une série d’entretien avec le chercheur Dominique Wolton, et Le Figaro Magazine en publie "en exclusivité mondiale" les bonnes feuilles sous ce titre inquiet : "le pape est-il de gauche ?" Une anxiété que l’on comprend mieux en lisant quelques extraits. Sur les réfugiés d’abord : "notre théologie est une théologie de migrants", explique le pape, "Jésus lui-même a été un réfugié". Il faut se poser la question de savoir "pourquoi ces migrants quittent leur terre ? À cause de la guerre, et à cause du manque de travail, parce qu’ils sont exploités… Je pense aux Africains. L’Europe a exploité l’Afrique ! Je ne sais pas si on peut le dire, mais certaines colonisations européennes… oui, elles l’ont exploité".

Le pape est-il de gauche, donc ? Sur la culture européenne, il explique que "l’Europe a d’importante racines chrétiennes, c’est vrai, mais ça n’est pas suffisant pour la définir. D'ailleurs, en espagnol par exemple, 40% des mots sont arabes". Dernière question plus personnelle : "avez-vous rencontré des femmes qui vont ont marqué ?", "oui", répond François, "il y en a une qui m’a appris à penser la réalité politique et elle était communiste". Arrêtez tout ! Le pape ? communiste ? "On me l’a dit une fois", répond-il, "mais non, les communistes, ce sont les chrétiens, les autres n’ont fait que nous voler notre bannière". De quoi faire faire une bonne syncope à Laurent Wauquiez, portraituré par le même Figaro Magazine quatre pages plus loin…
Enfin, optimisme et espoir aussi pour les enseignants…

Oui, parce qu’on parle souvent du malaise de l’Éducation Nationale, mais tout n’est pas si sombre. C’est ce que veut retenir Télérama qui propose un dossier sur "les jeunes profs". "Ils s’estiment mal préparés, mais grâce aux groupes de paroles et à un outil vidéo, mis en place dans certaines académies, les débutants se sentent enfin épaulés". Même tonalité dans Le Parisien où les intéressés témoignent : "prof, oui… et très heureux de l’être !"

Un dernier mot d’espoir pour les fans de science-fiction, avec cette enquête dans l’Usine Nouvelle sur les transports du futur : "Airbus va tester dès 2018 les premiers prototypes de CityAirbus, son taxi volant". Alors esthétiquement, rien à voir avec la DeLorean de "Retour vers le futur". Ça ressemble surtout à une capsule portée par un drone géant à quatre hélices.

Et ça n’est pas le seul modèle puisque Le Monde évoque aussi un autre projet conçu par une start-up sino-américaine. "Imaginez un drone", écrit le journal, "gros comme une petite citadine, capable de rouler et de voler. Vous le faites venir avec votre smartphone, vous cliquez sur une destination, montez à bord et c’est parti pour un vol spectaculaire". Le prototype sera testé en fin d’année à Dubaï. Combien de centrales nucléaires ou de batteries au lithium non-recyclables pour faire voler ces engins, l’histoire ne le dit pas… Mais on a bien le droit de rêver.