Primaire des républicains : le retour des amabilités à droite

  • A
  • A
La revue de presse est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
Partagez sur :

La presse quotidienne revient ce lundi sur la primaire des Républicains qui est bien lancée avec de nombreuses candidatures.

Ce matin, en Une de vos journaux une petite fille lance dans les airs un ballon rose comme un signe d’espoir. Elle est au milieu d’un camp de réfugiés :
La Croix : Syrie, en attendant une trêve.

Mais l’Humanité refroidit l’optimisme : Erdogan et ses alliés saoudiens, pompiers pyromanes en Syrie.

Ce n’est qu’un des dossiers pour l’Union Européenne en 2016 :
Aujourd’hui en France : Europe, l’année de tous les dangers.
Le Figaro : le spectre de la crise plane à nouveau sur la zone euro.

Pendant ce temps, l’Opinion s’en prend au choix de François Hollande pour régler le conflit de Notre Dame des Landes : Référendum : la nouvelle machine à perdre.

Primaire des Républicains

C’est le retour des amabilités entre amis. Les citations des uns et des autres émaillent les articles des pages politiques. Comme le remarque Denis Daumin dans La Nouvelle République, "voici l’horizon de cette primaire à droite subitement très encombrée. Entre les poids lourds se bousculant au premier rang, les ambitieux trop pressés, les seconds couteaux revanchards et les candidatures de témoignages, la campagne tout juste entamée ressemble déjà à la mêlée brouillonne des combats des chefs dans Astérix".
Quant au projet de programme lancé par Nicolas Sarkozy, il fait dire à Alain Dusart dans l’Est Républicain que "la ficelle est grosse. Ou plutôt élastique. Le boomerang lui a déjà revenu en pleine figure avec le ralliement du grand sachem Jean Pierre Raffarin à Alain Juppé".
Bref, comme l’écrit Yann Marec dans le Midi Libre, "en cette Saint Valentin, on s’est fait des bisous à droite. Avec des sourires aussi francs qu’un cheval qui recule".

13 novembre

C’est la Une de Libération : 13 novembre : vivre avec.
Pendant que le journal accompagne des survivants qui tentent de surmonter l’épreuve, les Echos consacrent une page à ce regain d’engagement qui a porté une part de la jeunesse française vers des institutions comme la police, l’armée ou la Croix Rouge. Un besoin de se sentir utile, et aussi d’être prêt, analyse un dirigeant de la protection civile de Paris. Le journal cite le discours de François Hollande lors de ses vœux à la jeunesse : "Il y a toujours un moment dans une génération, dans une vie, où des événements décident pour vous-mêmes, où il faut choisir, où il faut s’engager".
Mais dans cette exaltation de l’attachement à la République, et même à la patrie, la chronique économique de Jean Pierre Robin dans Le Figaro apparait comme un étrange contrepoint. Il signale un phénomène croissant : de plus en plus d’États monnayent leur citoyenneté. Un rapport du FMI considère même que la nationalité devient une marchandise comme les autres. A coup d’incitation fiscale, chacun tente d’attirer les résidents fortunés, en particulier les riches Chinois fuyant la pollution pékinoise. Sans aller systématiquement jusqu’à offrir un passeport, comme le font Malte et Chypre, on peut avoir droit à un golden visa. "Une nation est une grande solidarité constituée par le sentiment des sacrifices qu’on a fait et de ceux qu’on est disposé à faire encore" disait Ernest Renan dans son fameux discours de 1882 à la Sorbonne. Mais il ne pensait pas à l’homo économicus ni même aux binationaux.

Accents

La globalisation, ça fonctionne aussi à l’échelle du pays. Le Figaro consacre une page à la disparition des accents régionaux, victimes de la télévision, mais surtout du snobisme. Dès le 19ème siècle, la bourgeoisie s’est débarrassée des accents, de sorte qu’ils sont aujourd’hui assimilés à une origine campagnarde ou ouvrière. A noter d’ailleurs : c’est un clivage social qui tend à remplacer les disparités régionales avec l’accent des banlieues. Résultat, une glottophobie généralisée au point qu’un comédien marseillais a été recalé au casting de Plus belle la vie pour cause d’accent trop marqué. Quelques exceptions notables, qui résistent encore et toujours, à cette triste uniformisation : Jean Michel Aphatie bien sûr, et quelques chanteurs résistants comme Francis Cabrel.

Zika

Il faut lire, par exemple sur le site de Metronews, ces articles expliquant que de nombreux scientifiques brésiliens soupçonnent que le virus Zika ne serait pas en cause dans l’épidémie de microcéphalie qui touche les nouveaux nés. Ils mettent en cause un insecticide produit par une firme alliée de Monsanto et répandu depuis 18 mois dans l’eau courante pour lutter contre la dengue. La réponse pour bientôt.

Résistance

Le site Slate, en association avec Ulyces, nous raconte la belle histoire d’un homme qui fait trembler la dictature Nord-Coréenne grâce à des ballons. Des ballons gonflés à l’hélium auxquels il accroche des tracts et qu’il lâche à la frontière quand les vents sont favorables. Des extraits de la déclaration universelle des droits de l’homme, des révélations sur la dynastie des Kim… Park Sang Hak a été désigné par la Corée du Nord, ennemi public numéro zéro. Plus encore que numéro un. Mais s’il est un jour assassiné, d’autres prendront la suite et les donateurs anonymes continueront à verser entre 10 et 50 dollars pour que les ballons franchissent les frontières.

Enterrements

C’est Rue 89 qui nous raconte cette autre histoire. A Béthune, une étrange confrérie d’hommes en cape et bicorne noire s’assure que, puissants ou misérables, tous les morts soient enterrés avec une égale considération. Ils organisent la cérémonie, portent le cercueil par tous les temps et encadrent toutes les familles qui le souhaitent. Les Charitables existent depuis 1188 et l’épidémie de peste noire qui frappa le pays d’Artois et les Flandres. 827 ans qu’ils organisent la coexistence entre les vivants et les morts et veillent sur les SDF comme sur les bourgeois.


20Minutes répond aujourd’hui à une question cruciale : pourquoi passe-t-on systématiquement les lacs du Connemara en fin de soirée ? Aide précieuse pour les DJ fainéants ? Plutôt un signal pour inviter les fêtards à rentrer chez eux, du genre "vous n’allez quand même pas rester à écouter du Michel Sardou". Un jingle qui vous ferait prendre le chemin des vestiaires. Sauf que le tube est devenu un hymne. Et tout le monde reste sur la piste. Bon, les vieux tubes qui vivent une seconde vie et deviennent culte, ça ne marche pas à tous les coups. Il y a un chanteur qui essaye d’y croire, en ce moment, avec une chanson : Président des républicains et candidat à la primaire, mais ça patine.