Primaire de la gauche : c'est l'heure des comptes !

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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La presse quotidienne revient évidemment ce jeudi sur le débat de l'entre-deux tours de la primaire opposant Manuel Valls et Benoît Hamon.

Ce matin en Une de vos journaux la même photo, François Fillon perplexe et sa femme en arrière-plan :
Le Parisien : emploi fictif, le soupçon.
L’Opinion : Fillon, la déflagration. Avec le dessin de Kak : François Fillon en Ulysse devant une tapisserie bleu-blanc-rouge Fillon 2017 : "dis donc Pénélope, c’est juste une impression ou la tapisserie est moins avancée qu’hier ?" Et elle, l’air détaché : "c’est pas moi". À côté, un facétieux petit canard tire sur les fils.
Et puis, Le Figaro tire le signal d’alarme : transports publics : forte hausse de la délinquance. Chaque jour, 330 voyageurs sont détroussés en France dans les transports en commun et les vols avec violence ont augmenté de 7% en 2016.

Pénélope Fillon

Les mots qui reviennent : rigueur, vertu, intégrité. C’est l’image que François Fillon s’était construite qui est ternie. "Cette affaire, plus minable que scandaleuse, ne fait pas apparaître un personnage malhonnête, écrit Bruno Dive dans Sud-Ouest, elle met en lumière un homme facilement disposé à de petits arrangements". Bien sûr, on sent une jubilation du côté de Libération, de l’Humanité mais comme l’écrit Dominique Jung dans Les Dernières Nouvelles d’Alsace, "au lieu d’apprendre aux candidats à soigner leur diction et leur apparence, les coachs en politique devraient commencer par l’essentiel : la cohérence entre la parole et les actes".

Débat Hamon Valls

Ça ne valait pas la Une des journaux mais les commentateurs saluent un débat qui n’a pas tourné au pugilat. Pourtant, s’exclame Bernard Maillard dans Le Républicain Lorrain, "quels antagonismes, derrière tant de fausses cordialités". Et puis il y a l’anecdotique. Dans Le Parisien, ce sont les comptes. Pour l’avenir de la dette française, on ne sait pas, mais pour celle du parti socialiste, ce n’est pas la primaire qui va la combler. Un coût d’organisation évalué entre 3.5 et 4 Ms d’euros et une réduction des frais, comme la suppression du stylo électronique de remontée des résultats, d’un coût de 1.3 Ms d’euros. Mais vu l’embrouillamini sur les chiffres de participation, était-ce une si bonne idée ? Et puis, tout le monde s’intéresse aux prises de position de Ségolène Royal qui affirmait hier : "ce que je soutiendrai, c’est le rassemblement". Derrière Emmanuel Macron ? "il est de gauche ça ne fait aucun doute". Dans un entrefilet, Libération nous raconte que Ségolène Royal, arrivée après la fermeture du bureau de vote rue de Solferino, a finalement pu voter. Elle a pris trois bulletins, deux pour Peillon et un pour Hamon. Comme le 1er avait voulu mettre la main sur son courant espoir à gauche, Libération parie qu’elle a voté pour le second. Visiblement, ce n’est pas la cohérence idéologique qui guide ses choix.

Débats intellectuels

Pour prendre un peu de hauteur, il faut aller dans les pages débats du Monde, lire le texte de Barbara Cassin sur la traduction et la préservation de la pluralité des langues comme possibilité d’ériger un monde commun. Et puis, dans le Figaro, c’est un texte d’Alain Finkelkraut pour répondre à l’Histoire mondiale de la France, ouvrage célébré par la critique, mais qui, selon lui, évacue tout ce que la France a construit de beauté à travers son art et sa littérature. Ce livre efface Rabelais, Balzac, et Proust pour ne retenir que les apports extérieurs et démontrer qu’il n’y a pas de civilisation française. Est-ce vraiment le moyen d’apaiser ?

Porcelaine

Benoît Hamon et Manuel Valls ne se sont pas lancé la vaisselle à la figure. Et pourtant ça peut être utile. Aujourd’hui en France nous raconte qu’à Limoges, les voitures roulent sur de la porcelaine cassée. Un nouveau revêtement permettant de réfléchir la lumière et donc de limiter l’éclairage public. 50% d’énergie économisée.


Le magazine Neon se demande : l’amitié peut-elle résister à la politique ? Bonne nouvelle, c’est dans la sphère amicale qu’on supporte le plus la différence, davantage que dans les familles. 82% des français ont déjà eu un ami d’un autre bord politique. Mais ce qui peut séparer les gens, ce sont les clivages de valeur morale et culturelle. Et puis, c’est quand les convictions politique sont chevillées au corps et tout particulièrement à gauche, dit une sociologue. Heureusement pour Benoît Hamon et Manuel Valls, ils sont amis. Malheureusement, l’un considère que l’autre n’est pas tout à fait de gauche, et le PS est une grande famille.