Présidentielle : dernière ligne droite pour les finalistes

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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La presse quotidienne revient ce lundi sur la dernière semaine de la campagne présidentielle et ce duel qui oppose Marine Le Pen à Emmanuel Macron.

1er mai oblige, pas de journaux mais les Unes des sites Internet

Le monde.fr titre sobrement "Dernière ligne droite pour les finalistes de l'élection présidentielle"
Mediapart constate : "pas de défilé unitaire ce 1er mai"
L'Humanité.fr annonce : "1er mai : barrage social à marine Le Pen"

On commence avec ce drôle de 1er mai sans défilé unitaire, ni mot d'ordre commun contre le Front National

Il faut lire l'interview de Sophie Béroud sur le site de Médiapart, une spécialiste de l'univers syndical. Elle est interrogée sur l'après second tour. Comment les organisations syndicales vont réagir ? Pour Sophie Beroud, si c'est Marine Le Pen qui est élue, l'unité se fera immédiatement. Malgré l'attrait électoral qu'exerce le Front National sur une partie des ouvriers et des employés dit elle. La tradition de lutte contre le FN est bien ancrée, c'est peut-être même le seul terrain commun entre les confédérations. En revanche, si c'est Emmanuel Macron, alors l'unité risque de mettre un peu plus de temps à s'imposer, toujours les séquelles de la loi El Khomry. Résultat : le futur président profitera du flottement pour aller vite et gouverner par ordonnances.

En attendant, le Huffington Post suggère à Emmanuel Macron de reprendre en ce 1er mai et quelques propositions de Benoit Hamon et de Jean-Luc Mélenchon.

De Benoit Hamon, pourquoi pas la reconnaissance du burn out comme maladie professionnelle, ça ne mange pas de pain.
De Jean-Luc Mélenchon, pourquoi pas l'idée d'une médecine préventive de l'emploi. L'idée c'est d'avoir droit à une consultation médicale en même temps que l'on s'inscrit Pole Emploi pour identifier les personnes les plus fragiles.

Mais le travail n'est pas qu'une question de chiffres ou d'économie, c'est aussi une histoire d'amour.

C'est Philosophie magazine qui le suggère avec ce titre : "travail, je t'aime" moi non plus
L'idée est très originale, c'est de reprendre les fragments du discours amoureux de Roland Barthes et de l'adapter au travail dans un article en forme de glossaire. Alors déjà le titre ça donne "fragments du discours laborieux" où l'entretien d'embauche devient un premier rendez-vous d'amour. "le cœur bat plus vite, les mains sont moites", écrit le journal.
Et le licenciement, lui, devient séparation et rupture, avec son cortège de larmes et d'humiliation. Comment cette personne, écrit Alexandre Lacroix, avec laquelle vous avez partagé des milliers d'heures, des fous rires et une vraie complicité, peut vous redemander vos clés sans même vous regarder dans les yeux ?
Amour et travail, même combat et mêmes émotions surtout.
Il faut lire les lettres des lecteurs de Philosophie Magazine. Toutes commencent par "Cher travail" et toutes racontent les difficultés de vivre avec mais surtout de vivre sans.

Revenons à l'élection présidentielle et à ces conversations en familles qu'elle suscite forcément.

C'est Pascal Riché sur le site de l'Obs qui s'amuse. Il parle à son beau frère Jean-Claude qui envisage de s'abstenir pour le second tour parce qu'il déteste "le libéral Macron autant que le lepénisme".
Alors le journaliste prend un à un les arguments de Jean-Claude pour ensuite les démonter. Par exemple : Jean Claude dit "De toutes façons, Marine Le Pen n'a aucune chance de gagner" et Pascal Riché de répondre : "on disait ça de Donald Trump, on a vu le résultat" et "attention à ce qu'on appelle l'abstention différenciée. Si 90% des gens qui pensent voter pour Marine Le Pen le font et si seulement 65% de ceux qui pensent voter Macron le font, elle peut dépasser la barre des 50%".

Jean-Claude, le beau frère, devrait lire aussi Psychologies Magazine sur le profil psychologique des abstentionnistes.

D'abord, ils font comme les autres électeurs, comme papa et maman. 20% des abstentionnistes sont des enfants d'abstentionnistes.
Ensuite, c'est une question d'habitude, quand vous n'avez pas voté aux deux premières élections où c'était possible, vous avez de grandes chances de ne plus jamais y aller.

Colère maintenant avec l'éditorialiste du magazine féminin Elle.

Alix de Girod de l'Ain enrage. C'était l'édito de sa vie, pouvoir enfin écrire " aux urnes citoyennes pour la première fois dans l'histoire, une femme va peut être diriger la France". Sauf que cette femme, c'est Marine Le Pen. Depuis 2004, en tant qu'eurodéputée, elle n'a voté que quatre des 43 textes qui visant à améliorer la condition féminine, écrit Alix Girod de l'Ain. Pas un mot sur le droit à l'avortement dans son projet, pas une ligne non plus sur la parité en politique.
Nous voterons donc pour un homme, conclut-elle sans état d'âme.

Quelques pages plus loin dans Elle toujours, Dorothée Werner nous apprend que la tendance se confirme bien : les femmes aujourd'hui, votent comme les hommes.

Et ça c'est nouveau. Pendant des années, elles votaient un peu moins à gauche que les hommes et jusqu'à un tiers de moins pour l'extrême droite.
Et bien c'est fini, c'est la preuve que l'égalité des sexes progresse mais ce qui est étonnant, c'est que les femmes au premier tour ont moins voté que les hommes pour Emmanuel Macron, 22% contre 26%.


Et maintenant un peu de tendresse dans ce monde de brutes.

On parlait du travail et bien voilà une façon de l'adoucir, c'est le magazine Management qui le suggère : amener son chien au bureau.
En Allemagne c'est une pratique courante qui diminue le stress des salariés et crée une atmosphère sereine au travail.
En France, une entreprise sur six seulement autorise cette pratique.
À l'Élysée, c'est déjà le cas. Alors devinez qui des deux finalistes a un chien ? Il s'agit d'Emmanuel Macron. Son chien s'appelle Figaro et c'est un dogue argentin.
Marine Le Pen, elle, a cinq chats. Mais l'article ne dit pas si pour l’ambiance de travail, il vaut mieux cinq chats ou un seul chien.