Présidentielle : ça ne rigole plus !

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La revue de presse est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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La presse quotidienne revient évidemment ce mardi sur le premier débat entre les cinq principaux candidats à un mois du premier tour de l'élection présidentielle.

Ce matin en Une de vos journaux ils sont là tous les cinq souriants et un peu engoncés :
Le Figaro : Le débat qui lance enfin la campagne présidentielle.
Le Télégramme : Premier débat sans concession.
La Provence : ça ne rigole plus.
Libération : Enfin dans le dur.

Pendant ce temps, Les Échos nous parle compétitivité : Salaires : Les écarts se creusent en Europe. En Italie, en Grèce ou au Portugal, les salaires sont encore inférieurs à 2009. Mais en France, le coût du travail a progressé légèrement plus vite que dans la zone euro l’an dernier. La Confédération européenne des syndicats, qui a réalisé cette étude comparative, pointe l’impact dépressif de la dévaluation interne qui a poussé les gouvernements à faire pression sur les salaires pour gagner en compétitivité.

Débat

"Le débat d’hier soir fera-t-il bouger le choix des électeurs ?", se demande Patrice Chabanet dans Le Journal de la Haute-Marne, qui parle de vaste kaléidoscope électoral. "À chacun son enjeu, observe Dominique Jung dans Les Dernières Nouvelles d’Alsace. Hamon a montré qu'il n'était pas moins résolu que son rival Mélenchon, même si ce dernier a davantage occupé l'espace. Fillon, un peu en retrait, avait endossé ses habits d'ancien Premier ministre. Le Pen a cajolé les agriculteurs, les pauvres et les nationalistes. Macron, un peu trop raisonneur, s'est habilement réjoui d'être souvent pris à partie, comme si cela confirmait sa place de deuxième dans les sondages". Tous rappellent les attaques de Benoît Hamon contre Emmanuel Macron sur la question des donateurs. Comme après les débats de la primaire, Le Parisien dégaine ses notes de fin de match et c’est Jean-Luc Mélenchon qui remporte la palme. Les commentateurs ont appris des primaires, quand ils nous expliquaient qu’Alain Juppé avait survolé les échanges. Mais finalement, conclut Daniel Muraz dans Le Courrier Picard, "malgré son côté artificiel et le choix très contestable de présélectionner 5 candidats parmi 11, le débat de TF1 participe à un retour au politique rappelant qu’une campagne électorale est avant tout une confrontation d’idées soumises à l’appréciation des électeurs".

Psychiatrie

Aucun lien avec les candidats. Le sujet est sérieux et il fait partie de ceux qui sont systématiquement oubliés des politiques. Libération et Le Monde reviennent sur les recommandations publiées hier par la Haute Autorité de la Santé. Elles entendent encadrer les pratiques de contention et d’isolement dans les hôpitaux psychiatriques. Mais en les encadrant, elles encourent le risque de légitimer ce qui semble une humiliation et une violence insupportables pour les malades. Derrière ce débat, la complexité de la maladie mentale, mais surtout le manque de moyens criant de la psychiatrie en France. Aucune contention ne doit répondre à la rareté des intervenants ou des professionnels, est obligée de préciser la Haute Autorité.

Salon du Livre

Mohamed Aïssaoui, chroniqueur littéraire du Figaro, répercute les protestations de nombreux écrivains contre le prix d’entrée du Salon du Livre, qui s’ouvre cette semaine à Paris : 12 euros. Sept euros pour les chômeurs et les personnes âgées. Ce salon, surnommé la plus grande librairie de France, a perdu l’an dernier 27.000 visiteurs. Petite mesquinerie qui a du mal à passer : il est interdit d’apporter un livre acheté au préalable pour obtenir une dédicace. Alors que certains s’émeuvent de l’absence de la culture dans les thématiques de campagne, une chose est sûre, ce n’est pas le Salon du livre qui démocratisera l’accès à la lecture.

Les fraises arrivent

Un producteur picard de fraises bio porte plainte contre l’Espagne pour concurrence déloyale. Le Figaro nous explique que l’Espagne produit huit fois plus de fraises que la France, principalement en Andalousie. Mais elle laisse ses exploitants utiliser des traitements interdits depuis des années par les règlements européens parce qu’ils sont cancérogènes. Du coup, la fraise espagnole est à deux euros le kilo à Rungis. La fraise bio picarde à huit euros. Si l’on ne fait rien, dit-il, il n’y aura bientôt plus de producteur de fraises en France. Mais puisque la plainte a peu de chance d’aboutir, puisque les contrôles sont défaillants, c’est au consommateur de choisir.


En fait, l’Union Européenne a d’autres problèmes à régler que la fraude aux pesticides. Slate nous apprend que la semaine dernière, à la réunion des ministres de l’agriculture à Bruxelles, on a discuté Nutella. Pas pour s’inquiéter des ravages de la malbouffe et de l’huile de palme mais parce que la Hongrie et la Slovaquie se plaignent : sur ce produit comme sur d’autres, les industriels utilisent dans certains pays des ingrédients de moins bonne qualité et ne respectent pas la recette originale. Officiellement, il s’agit de s’adapter aux préférences locales. En fait, les pays moins favorisés se retrouvent avec plus de gras, plus de sucre. Des marques qui organisent elles-mêmes la contrefaçon pour maximiser les profits, c’est malin, non ? Heureusement que les questions de santé et de consommation intéressent nos candidats.