Pourquoi ils se disent tous antisystème ?

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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La presse quotidienne revient ce jeudi sur la dernière ligne droite de la campagne présidentielle avant le premier tour de dimanche.

Ce matin en Une de vos journaux on sent la dernière ligne droite.
Le Monde : Fillon, Le Pen, Macron, Mélenchon, pourquoi ils se disent tous anti système.
L’Opinion : les dégâts de la pensée magique. En gros, tout ce qui remet en cause les dogmes économiques des 30 dernières années. Il n’y a pas d’alternative.
Libération : Le Pen, Mélenchon, la bataille du vote ouvrier.
Le Figaro met François Fillon en majesté : "je serai au second tour".
L’Humanité met Mélenchon à l’Élysée : ce qui changerait dans votre vie dès la première année.
Et l’Obs nous explique pourquoi il vote Emmanuel Macron. Parce qu’il faut faire barrage bien sûr.

Débat chez nos voisins

Les Échos et l’Opinion nous racontent que les résultats du referendum turc auprès de la diaspora installée en Europe provoquent des remous chez nos voisins allemands autour de la binationalité. Ils ont voté oui à 63%. Pour les commentateurs, c’est un peu comme si les immigrés turcs avaient, dans leur majorité, opté pour un régime autoritaire en Turquie alors qu’ils profitent des avantages de la démocratie en Allemagne. Le débat sur l’intégration surgit chez nos voisins.

Présidentielle

À quelques jours du scrutin, la presse tourne à vide. Elle semble avoir tout dit sur l’incertitude, sur les hésitations des électeurs, sur le vote utile. Du coup, on fait dans l’anecdotique. L’Express nous parle de la vraie vie des candidats, leur look décrypté façon presse féminine, leurs distractions, polars et livres de science-fiction pour Jean Luc Mélenchon, séries américaines pour François Fillon, soirées karakoé et Dalida pour Marine Le Pen, leur restaurant préféré. Le Monde s’intéresse à ces coachs en art dramatique qui leur apprennent à placer leur voix, à jouer avec la gestuelle. Bref, on attend, et en attendant on bavarde. D’ailleurs, l’Opinion et les Échos nous racontent que François Hollande bavarde aussi. Il a passé ses consignes à ses ministres après le Conseil, disant tout le mal qu’il pense de Jean Luc Mélenchon et résumant la situation : "d’ici dimanche, on dit ce qu’on ne veut pas ; après dimanche, on dit ce qu’on  veut et aux législatives, on fait comme on peut".

La vie des entreprises

La politique est en une des Échos : les intentions d’embauche à un niveau record. Mais, comme le précise le journal, les difficultés de recrutement sont également en hausse. Et puis il y a cette tribune de Sylvain Lindon, restaurateur, sur le site Causeur. Il interpelle Martine Aubry, la dame des 35 heures. Ce qu’il explique ? Que revenir sur les 35 heures ne suffira pas à compenser les dégâts de cette mesure. Même pas sûr que cela  redonne de la compétitivité aux entreprises puisqu’un retour aux 39 heures ne se ferait pas à salaire égal. Les entreprises réclament surtout des baisses de charges. Mais le problème est ailleurs. L’application des 35 heures s’est essentiellement traduite par des RTT et donc par des congés supplémentaires que les Français ont dû financer à moyens constants, se condamnant à vivre en mode low cost. Ce qu’ils dépensent dans leurs nombreux voyages, ils ne le dépensent pas dans la vie quotidienne où ils ne peuvent plus s’offrir que le nécessaire, du bas de gamme. Ils s’appauvrissent et la France avec eux. C’est cette consommation quotidienne qu’il faut relancer, dit-il, pour recréer de l’emploi.

Ce que mangent nos vieux

C’est un article d’Aujourd’hui en France sur un sujet délaissé. Parce que ce n’est pas sexy d’évoquer la question des aliments mixés dans les Maisons de Retraite. Et pourtant, nos vieillards sont frappés par la dénutrition, le manque d’appétit parce qu’on ne leur propose bien souvent que des aliments réduits en bouillie. En cause, la peur de les voir s’étouffer par une fausse route. Alors, pour se couvrir, les personnels des maisons de retraite abusent du mixeur. Une autre forme de maltraitance.

Un maître à penser

Le Figaro littéraire consacre une page à Lucien Jerphagnon, historien de la Philosophie disparu en 2011 et dont les premiers textes sont aujourd’hui publiés. Un des plus grands esprits qu’ont pu produire les humanités, mais aussi, selon les mots de Michel Onfray qui fut son élève, un mélange de Pierre Dac pour l’humour et Louis Jouvet pour le spectacle. Agnostique mystique, amoureux de Saint Augustin et grand lecteur d’Umberto Eco dont il aimait citer le Nom de la Rose et cette phrase de Guillaume de Baskerville au vénérable Jorge : "Tu es le diable. La foi sans sourire. La vérité jamais effleurée par le doute".


C’est aussi dans Le Figaro qu’on trouve cette histoire étonnante. Celle d’un tas de billets retrouvés dans un appartement de Lagos au Nigeria. 43,4 millions en dollars, 27 800 livres et 23,2 millions de nairas (71.000 euros). La Commission des Crimes Économiques et Financiers est incapable d’identifier celui l’occupant du luxueux appartement, propriété d’une société basée dans un paradis fiscal. Les services secrets affirment que cet argent est le leur et que ce sont des fonds pour une opération. Le gouverneur d’un État du sud a exigé que les dollars lui soient rendus. Mais les nigérians soupçonnent certains barons de la compagnie nationale pétrolière. Oublier une telle somme : jusqu’où va la phobie administrative de certains.