Pétain, Marseille, des polémiques sous les décombres

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La revue de presse est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, David Abiker scrute la presse papier et le web et décrypte l'actualité.

À la Une de la presse ce jeudi matin, des polémiques sous les décombres. Sous les décombres de l’habitat indigne, en Une de la Provence et de la Marseillaise après le drame de la rue d’Aubagne. Polémique sous les décombres de 14-18 avec la polémique Pétain qui s’invite en Une du Dauphiné ou de Sud-Ouest notamment. Mais pour enterrer la polémique Pétain, il faut peut-être lire comme des grands un hors-série historique de Mon quotidien, pour la jeunesse. Le 11 novembre expliqué aux enfants qui traite le sujet sans se prendre les pieds dans le képi du Maréchal. Dans un chapitre clarissime consacré aux grands personnages de la guerre. Une page pour Clémenceau, une page pour les maréchaux Joffre, Gallieni et Foch, une page pour les aviateurs et une page pour le cas Pétain bien isolé des autres. Pétain qui fut certes le vainqueur de Verdun, paragraphe premier, mais aussi Pétain qui fut l’artisan de la Collaboration funeste avec l’Allemagne paragraphe second. Pétain qui fut enfin jugé en 1945 et emprisonné à vie paragraphe 3e. C’est parfois simple de traiter des choses compliquées. Il faut juste choisir les bons mots. Mon Quotidien pour les enfants de 10 à 14 ans et plus si nécessaire.

La polémique sous les décombres à Marseille

Alors que ce mercredi un immeuble s’effondrait à Charleville-Mézières, étape de l’itinérance du Président de la République. Alors que Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille, s’exprimera ce jeudi matin sur le drame survenu lundi rue d’Aubagne, la Marseillaise et la Provence interrogent ce matin la chaine des responsabilités. La Marseillaise cite en Une un rapport d’expert daté du 19 octobre qui prévenait d’un péril grave et imminent. Un rapport encore dans La Provence de l’inspecteur général Nicol il y a trois ans accablant, sur l’habitat indigne, qui pointait l’inertie des services, la lenteur des procédures, l’utilisation au ralenti des pouvoirs municipaux dans ce domaine. Pire, lorsqu’il tire la sonnette d’alarme, l’auteur est accusé d’avoir un parti pris. "Les élus étaient dans le déni", dit-il aujourd’hui. Il faut aussi lire la Provence pour comprendre comment les uns et les autres se défilent, se passent la patate chaude ou se renvoient la balle y compris à coup de rapport et de "je vous l’avais bien dit". Quand ce n’est pas la faute des pouvoirs publics c’est celle des syndics et quand ce n’est pas celle des syndics c’est celle des propriétaires, et si ce n’est pas la faute des propriétaires c'est celle de la société locale d’aménagement. Pour qualifier la situation, la Provence parle d’un laisser-aller fatal et collectif qui n’est pas sans rappeler le drame de Gênes qui a renvoyé l’Italie à sa propre incurie administrative, à des circuits de responsabilité opaque et à ces bugs en série qui produisent les catastrophes qui motivent ces audits qui engendrent eux-mêmes de nouvelles réglementations qui produiront parfois la même inertie.

Bugs en série à Pôle emploi : la faute à la flex-sécurité ?

"Un million de bugs depuis janvier à Pôle Emploi", titre l’Express qui raconte comment Astrid n’en revient pas quand l’agence Pôle Emploi de Vannes lui réclame 621 euros qu’elle aurait indument perçus alors qu’elle était chômeuse. Elle entame un recours, ça dure jusqu’à un message sur son répondeur qui lui annonce qu’elle avait bien droit au chômage mais quelques jours plus tard un nouveau courrier lui demande de rembourser. Selon l’Express, ce type de bug s’est produit un million de fois, les trop-perçus aurait bondi de 36% en deux ans au moment où le gouvernement exige des économies de l’assurance chômage. Sauf qu’il est compliqué de récupérer des petites sommes, compliqué de faire du sur-mesure quand on gère des milliers de chômeurs qui cumulent période de chômage, contrats courts, CDI ou revenus d’autoentrepreneurs. Ils sont 900.000 dans ce cas, rapporte l’Express, et sont au cœur de cette mutation du marché du travail qu’on appelle la Flex sécurité. Sauf que la flex sécurité, à mettre en œuvre au quotidien dans les entreprises et à Pôle emploi c’est compliqué, c’est informatisé et ça ne tourne pas aussi bien que le business d’Amazon par exemple.

Amazon ouvre ses pages aux produits français d’exception

Garanti sans polémique, sans bug et made in France, le géant du e-commerce met sa vitrine au service des producteurs français aujourd’hui. 2.000 produits d’exception du foie gras à la confiture en passant par la boucherie artisanale, explique Le Parisien-Aujourd’hui en France et Les Échos. On vous l’annonçait ce mercredi soir sur Europe1. Pour ces producteurs, qui ont du retard par rapport à leurs voisins européens en matière de vente en ligne, c’est de la visibilité et du chiffre d’affaires en plus. Pour Amazon, le géant de l’économie mondialisée et désincarné, c’est un coup de com’ à deux jours du salon du Made in France. Et tandis que l’Obs fait cette semaine sa Une sur le polar de l’héritage Johnny, David Abiker conclue sa Revue de presse avec un produit Made In France qui marche très bien et qui ne fait pas polémique. C’est le cercueil de Johnny. La dépêche du Midi révèle que le cercueil blanc du rocker fabriqué par les menuiseries ariégeoises rencontre un vrai succès. Le fabriquant n’a donné aucun chiffre par respect pour les familles. L’article ne dit pas non plus si le modèle est commandé par des fans ou par leurs proches.