Ouverture du 19e congrès du Parti communiste en Chine : Xi Jinping en route vers le pouvoir absolu

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Marion Lagardère scrute la presse papier et décrypte l'actualité.

Dans la presse ce matin, la Chine et l’ouverture du 19e congrès du Parti communiste.

L'évènement politique fait la Une de nombreux journaux.
"Xi Jinping en route vers le pouvoir absolu", titre Le Figaro.
"Le congrès du PCC va adouber le président pour un deuxième mandat", annoncent Les Échos.
Pour le quotidien l’Opinion, Xi Jinping "vend le rêve chinois pour asseoir son pouvoir"

L’évènement fait également la couverture de Pèlerin Magazine qui s’est intéressé aux habitants.

Frédéric Niel a rencontré par exemple à Shanghai un jeune vendeur dans une librairie, interviewé grâce au logiciel de traduction de son smartphone : "je déteste le parti communiste, dit-il, le PCC a été une catastrophe pour les gens". Le journaliste lui demande s’il n’est pas un peu dangereux de tenir de tel propos. "Non, répond le vendeur, On n’est plus à l’époque de Mao, on est libre de dire ce qu’on pense, à condition de faire attention".
Faire attention, c’est notamment témoigner anonymement, comme cet entrepreneur qui se plaint de la censure : "on nous bloque l’accès à Google, Youtube, Facebook, Instagram et Twitter", dit-il, rappelant que même les dessins de Winnie l’Ourson ont été interdits sur Internet, le régime n’a pas apprécié qu’ils soient utilisés pour se moquer du physique du président.

Mais pas question pour autant de se soulever contre le parti : "le régime actuel a permis une croissance économique sans précédent, explique Jack Yao, chef d’entreprise de 32 ans, le pluralisme entrainerait des turbulences difficiles à contrôler, mieux vaut ne pas prendre le risque".
Un discours que l’on retrouve partout conclue le journaliste de Pèlerin, y compris dans la voix de cette femme rencontrée au bord du Yang-tsé : "il est inutile et dangereux de contester le pouvoir, dit-elle, certains auront peut-être le courage de se lever un jour pour défendre les droits individuels, mais ce sera sans moi".
Un reportage à lire donc dans Pèlerin Magazine.

L’autre titre, ce matin, c’est encore la réforme de l’ISF.

Avec notamment cet article du Canard Enchainé, qui s’intéresse aux notes classées de Bercy, des documents qui détaillent les gains dont vont bénéficier les 100 plus grandes fortunes de France avec la suppression de l’ISF et l’instauration de la flat tax.
"Si elles étaient publiées, confie un haut fonctionnaire de Bercy, elles auraient un effet déflagratoire sur l’opinion".
À défaut de les avoir et pour donner un exemple, le Canard a fait ses calculs et affirme que Bernard Arnaud, "devrait économiser 150 millions d’euros".

Et justement, c’est l’objet de la Une de Libération : "Impôts des riches : dites-nous la vérité".

Le journal publie un appel signé par 120 députés et sénateurs qui réclament la publication de ces notes cachées de Bercy. "C’est un enjeu de transparence démocratique, disent-ils, parce qu’avant de voter, le parlement doit être en mesure d’évaluer les conséquences d’un budget sur le niveau de vie de tous les citoyens".
Parmi les signataires, des socialistes, des communistes, les élus de la France Insoumise et un député du groupe des Constructif : Jean-Christophe Lagarde.

Détail cocasse, on trouve en page 3 une interview de Michel Sapin : "l’ex-ministre des finances, qui connait bien ces notes cachées, et qui souhaite "pour le débat démocratique" que Bercy dévoile le gain qu’obtiendront les 100 personnes les plus riches de France".

Cocasse donc, ou légèrement hypocrite quand on apprend dans le Canard Enchainé que le même Michel Sapin, alors en fonction avait opposé en 2016 l’argument du "secret fiscal" pour ne pas dévoiler le contenu de ces notes.

Visiblement, quitter Bercy lui a permis de prendre pas mal de champ sur la question.

Et puis il y a ceux qui, non seulement prennent du champ, mais prennent littéralement la clé des champs.

"Ils sont jeunes, urbains, travaillent dans le numériques mais ont décidé de monter leur start-up en zone rurale". Reportage à lire dans le magazine Society.
"Dans le Sud-Ouest, à Saint-Elix-le-Château, 900 habitants, Marine se sent bien, écrit Alexandre Pedro : "je viens de la région parisienne, dit-elle, et j’ai travaillé dans une tour avec vue sur le périph’, alors c’est plus agréable d’être ici et puis j’aime bien prendre quelques minutes pour donner à manger aux moutons". Effectivement, devant les locaux de Morning, une jeune pousse installée là depuis 2016, il y a un enclos avec brebis.
Et les exemples d’installations de ce type se multiplient, aidés par les conseils régionaux qui font tout pour attirer la start-up nation. Society explique, par exemple, que "L’Auvergne a investi 71 millions d’euros pour raccorder tout le territoire au haut-débit chaque année, dix porteurs de projet sont sélectionnés par la région et bénéficient d’un salaire de 1.000 euros et d’une aide au logement de 500 euros pour les aider à se lancer. L’Auvergne compte aujourd’hui une centaine de jeunes pousses".

Mais tout n’est pas toujours simple : "difficile de recruter des développeurs ou des spécialiste du big data en pleine campagne, confie Florian, entrepreneur en Saône-et-Loire, qui pour s’en sortir dit avoir suivi le conseil d’un certain Arnaud Montebourg : prendre des gens en télétravail". Avec succès.
"Autant d’exemples intéressant, conclu le journaliste, mais encore faut-il pouvoir trouver une boulangerie dans le coin".
Et oui, la start-up nation ne fait pas tout.

Enfin, incontournable ce matin, le tracé du Tour de France dévoilé hier.

Oui, le Courrier Picard, la Dépêche du Midi, L’Echo Républicain, la Nouvelle République, Presse Océan, et on en passe, tous affichent en Une la carte de France repeinte en jaune.

Déception pour l’Ardennais qui titre "encore privés de Tour en 2018".
Satisfaction en revanche pour la Voix du Nord : "Amiens, Arras et Roubaix tiennent le haut du pavé". Et effectivement, c’est l’une des spécificités du tracé : pour la première fois depuis 1981, les coureurs vont devoir endurer 22 kilomètres de secteur pavé dans les Hauts-de-France. Pourquoi ? "Parce qu’on s’est aperçu, explique le directeur du Tour, que les équipes s’adaptent vite à ce qu’on propose, donc on a mis plus de pavés pour les surprendre".

Ça leur laisse huit mois pour s’entrainer et ménager leurs lombaires.

Les petits coureurs qui peuvent toujours s’inspirer de cette maxime trouvée dans Les Échos et prononcée par l’homme dont on vous parlait en entamant cette revue de presse, le président Chinois, Xi Jinping : "les couteaux s’aiguisent sur la meule, comme le caractère se forge dans l’adversité".