Nouvelle déférlante Fillon dans la presse

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La revue de presse est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Difficile d'échapper à la politique dans la presse, et plus particulièrement à l'affaire Fillon, avec un sentiment général : cela semble compromis pour la présidentielle.

Ce matin en Une de vos journaux, difficile d’échapper à la politique. Il y a tout de même des variantes : Marine le Pen en Une de l’Obs, "Ce qu’elle ne vous dit pas", Benoît Hamon, Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon en Une de Politis, "Peuvent-ils s’entendre ?" Mais sorti de là, c’est la déferlante. Le Parisien : "Panique à droite". Paris Normandie : "La chienlit". La Nouvelle République : "Le boulet Fillon au poids exorbitant". L’Echo de la Haute Vienne : "Fillon s’agrippe". Sud Ouest : "Fillon, candidat en sursis". La Montagne et Libération : "Jusqu’à quand ?" L’Union : "L’ère du soupçon". Le Figaro : "Dans la tourmente, Fillon accuse le pouvoir". Les Echos : "Les cartes rebattues pour la présidentielle". Et la palme de la Une en phase avec l’opinion : Paris Match : François couvant Pénélope du regard : "Ensemble, ils contre-attaquent ; 36 ans d’amour'.

Sentiment général ? c’est cuit. "Quel que soit le résultat de l'enquête, écrit Pascal Coquis dans les Dernières Nouvelles d’Alsace, François Fillon n'est de toute façon plus crédible dans le rôle du chevalier blanc qui était le cœur de son projet. Techniquement, on est en présence d'une forme précoce et rarissime d'impeachment. "

 Dans le Courrier Picard, Jean Marc Chevauché choisit d’en rire pour éviter d’en pleurer : "Les explications avancées sont désopilantes. Le candidat estime son épouse victime de misogynie, avant d'évoquer leur unique compte bancaire, pour finir par parler de "coup d'État". Rien de moins. Il est génial. Les mains dans la pâte à beignets, Sarko aurait pris des claques plutôt que d'avouer un dépassement de comptes de campagne. Les deux pieds dans la boue, Fillon tend la joue droite dès que ça cogne à gauche. Il nous détend."

"Les rebondissements s'enchaînent avec une telle frénésie, ironise Martin Vaugoude dans Le Télégramme, qu'on en oublierait presque les épisodes précédents : un président sortant contraint de déclarer forfait, des primaires meurtrières pour les principaux favoris... Tous les deux mois, un nouveau "Président" émerge dans les sondages (Juppé avant-hier, Fillon, hier, Macron aujourd'hui, Hamon demain ?) Comme si cela ne suffisait plus aux Français de sortir les sortants et qu'ils s'amusaient désormais à sanctionner les futurs entrants".

"S'il n'y a pas un scénariste génial, conclut Sébastien Lacroix dans l’Union, il doit y avoir un Moïse caché qui a écarté les eaux de la mer électorale pour éviter au jeune Emmanuel de boire la tasse. Bref, sans avoir eu à se mouiller les pieds, le voilà favori face à Marine Le Pen. D'un côté le candidat le plus européiste, de l'autre la candidate qui l'est le moins. D'un côté le candidat libéral adoubé par la haute finance, de l'autre la candidate étatiste redoutée par la haute finance."

Des nouvelles de la France

Pendant ce temps quelques articles nous parlent du monde réel. On apprend dans Les Echos que le taux de disponibilité des véhicules blindés de l’armée de terre n’est que de 1 sur 2. Traduction : la moitié des blindés sont inutilisables : en maintenance, trop usés… Dans l’Opinion, on s’intéresse aux zones désindustrialisées. Le constat : l’enseignement professionnel ferme des filières, qui offrent de l’emploi, comme les automatismes ou la maintenance des équipements industriels, faute de candidats. La France ne produit pas plus de biens manufacturés qu’en 1996 alors qu’elle en consomme 60% de plus. C’est cela qui devrait se jouer dans cette présidentielle.

Buvons un peu, c’est une marque de civilisation

National Geographic nous retrace l’histoire de l’alcool dans les civilisations humaines. Parce que la fermentation alcoolique est sans doute ce qui a poussé les hommes à cultiver les céréales. L’alcool est au cœur de l’art et des religions et de plus en plus d’archéologues s’intéressent à ce que buvaient nos ancêtres, sumériens, celtes, romains et égyptiens. Il faut lire aussi dans ce magnifique numéro un reportage sur la condition des veuves un peu partout dans le monde, souvent chassées du logis par leur belle famille, ostracisées. Aujourd’hui, certaines se révoltent et font appel à des avocats. Les temps changent, même lentement.

Le programme Macron en Powerpoint

Puisqu’il est désormais favori, tout le monde attend le programme d’Emmanuel Macron. Mais comme c’est l’arlésienne, le site Slate s’est amusé à en proposer une version Powerpoint. D’abord le positionnement politique selon deux axes, celui de la valeur travail et celui de la coolitude. Benoît Hamon est du côté des gros glandus et l’extrême droite, c’est moche. Il y a aussi l’axe de la modernité. Et là, tous les concurrents sont du côté des gros ringards. Le programme culture c’est : si on les calme pas, c’est foutu pour Avignon. L’agriculture : il y a trop de problèmes on verra ça plus tard. La santé : on va proposer des trucs on verra bien si ça coûte cher. Pour le travail, un droit opposable au costard. Et surtout, un programme co-construit avec ce slogan : moins d’impôts plus de gâteaux. Elle est formidable, cette campagne.